Ecrire – Le roman policier – Les 20 règles pour le crime d’auteur, par S.S. Van Dine

S.S. Van Dine, le pseudonyme de Willard H. Wright, critique d’art, scénariste et écrivain américain, créateur du personnage Philo Vance, s’est fendu en septembre 1928 d’un article paru dans l’American Magazine : il prétendait y édicter les 20 règles du crime d’auteur.

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Après presque un siècle, que reste-t-il de ces règles ? Voyons cela…

  • Le lecteur et le détective doivent avoir des chances égales de résoudre le problème. Tous les indices doivent être pleinement énoncés et décrits en détail.
  • L’auteur n’a pas le droit d’employer vis-à-vis du lecteur des « trucs » et des ruses autres que ceux que le coupable emploie lui-même vis-à-vis du détective.

La transparence totale… Le détective et le lecteur doivent être à armes égales ! Vous y croyez, vous ? C’est parfois franchement drôle quand c’est bien fait, mais si c’est troussé à la va-comme-je-te-pousse, c’est lourd et ennuyeux. Remarquez que la culpabilité finale des illustres inconnus est aussi insupportable. Le dosage : il n’y a que ça de vrai !

  • Le véritable roman policier doit être exempt de toute intrigue amoureuse. Y introduire de l’amour serait, en effet, déranger le mécanisme du problème purement intellectuel.

Tuer ou baiser, il faut choisir ! On dit souvent que les histoires d’amour finissent mal en général, mais il faut reconnaître qu’il n’y a rien de tel pour fiche une histoire par terre que des héros qui s’envoient en l’air à longueur de temps… Ou alors on choisit de lire les 50 nuances de Grey !

  • Le coupable ne doit jamais être découvert sous les traits du détective lui-même ni d’un membre quelconque de la police. Ce serait de la tricherie aussi vulgaire que d’offrir un sou neuf contre un louis d’or.

En gros : laissez la police faire son travail ! Et pourtant, l’une des affaires criminelles les plus effrayantes de la deuxième moitié du 20e siècle a pour origine la psychose criminelle d’un gendarme, Alain Lamare, qui semait derrière des indices tout en enquêtant sur ses propres crimes. Une histoire glaçante, incroyable mais vraie ! Alors, flic ou pas, si on tient une idée, on se lance !

  • Le coupable doit être déterminé par une suite de déductions logiques et non pas par hasard, par accident ou par confession spontanée.

Faut-il exclure les coupables à la langue trop bien pendue ? Oui, c’est même une nécessité. Un roman que j’ai lu récemment mettait en scène des aveux passés sous hypnose : c’est un ressort pitoyable, utilisé pour combler les lacunes d’une intrigue où rien n’a vraiment été prévu pour confondre le coupable, preuves à l’appui. Naturellement, il y a le travers classique de ces méchants qui passent un temps fou à se vanter de leurs exploits alors qu’ils tiennent le héros en joue et pourraient en finir en une seconde… Le genre à se faire prendre justement parce qu’ils en ont pris à leur aise, beaucoup trop imbus d’eux-mêmes et de leur intelligence supérieure. Ceux-là sont à garder, bien sûr !

  • Dans tout roman policier, il faut, par définition, un policier. Or, ce policier doit faire son travail et il doit le faire bien. Sa tâche consiste à réunir les indices qui nous mèneront à l’individu qui a fait le mauvais coup dans le premier chapitre. Si le détective n’arrive pas à une conclusion satisfaisante par l’analyse des indices qu’il a réunis, il n’a pas résolu la question.

Bon, alors : ni ripou, ni bras cassé… Sauf qu’un héros trop lisse, trop parfait, qui réussit toujours tout ce qu’il entreprend, c’est lassant à la longue. Les lecteurs ne peuvent pas s’identifier et on finit presque par avoir de la peine pour les méchants, qui n’ont aucune chance de faire le poids face à des pointures pareilles. A nouveau, on prend le temps de doser le cocktail et on évite les super-héros !

  • Un roman policier sans cadavre, cela n’existe pas. Faire lire trois cents pages sans même offrir un meurtre serait se montrer trop exigeant vis-à-vis du lecteur du roman policier. La dépense d’énergie du lecteur doit être récompensée.

Du sang, des boyaux, de la rate et du cerveau ! Absolument d’accord ! Mon mari et moi avons récemment pris la peine de suivre une série de 10 épisodes de 50 minutes, diffusés chaque dimanche soir à raison de 2 épisodes, pour un total de 5 semaines… Un investissement considérable en termes de temps de loisir, vous en conviendrez. A la fin, nous nous sommes regardés, désolés par ce que nous venions d’apprendre, la chute décevante de cette histoire qui partait dans tous les sens. En bref, sur quatre décès, il y avait trois accidents et un suicide : la mort accidentelle d’un jeune fauché par une voiture ; la mort accidentelle d’un maître chanteur qui tirait avantage de la malheureuse conductrice ; la mort accidentelle de la sœur du maître chanteur, qui tombe toute seule d’un rocher ; et enfin le suicide de la conductrice qui se balance d’une falaise parce qu’elle ne se supporte plus. Tout ça pour ça ! Bof…

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  • Le problème policier doit être résolu à l’aide de moyens strictement réalistes. Apprendre la vérité par le spiritisme, la clairvoyance ou les boules de cristal est strictement interdit. Un lecteur peut rivaliser avec un détective qui recourt aux méthodes rationnelles. S’il doit rivaliser avec les esprits et la métaphysique, il a perdu d’avance.

« Lord Mac Crachley est pendu dans ma chambre ! » Honnêtement, pourquoi pas un peu de surnaturel ? Je dis bien un peu ! S’il y en a trop, ça tourne vite à n’importe quoi. L’éternelle question du dosage…

  • Il ne doit y avoir, dans un roman policier digne de ce nom, qu’un seul véritable détective. Réunir les talents de trois ou quatre policiers pour la chasse au bandit serait non seulement disperser l’intérêt et troubler la clarté du raisonnement, mais encore prendre un avantage déloyal sur le lecteur.

No team allowed ! Je trouve ce principe dépassé et propre à enfermer les auteurs dans un schéma répétitif et mortifère : le grand détective génial devant lequel se pâment tous les autres personnages du livre, on en a vite fait le tour… Une équipe, constituée de talents multiples, offre davantage de possibilités de renouvellement des intrigues. Evidemment, il faudra encore une fois doser les effets.

  • Le coupable doit toujours être une personne qui ait joué un rôle plus ou moins important dans l’histoire, c’est-à-dire quelqu’un que le lecteur connaisse et qui l’intéresse. Charger du crime, au dernier chapitre, un personnage qu’il vient d’introduire ou qui a joué dans l’intrigue un rôle tout à fait insignifiant, serait, de la part de l’auteur, avouer son incapacité de se mesurer avec le lecteur.

Et le coupable est … un illustre inconnu ! On n’est pas dans Scooby Doo ici. Comment éviter les lapins qui sortent des chapeaux ? Déjà, il faut avoir évoqué le personnage plusieurs fois depuis le début du livre, et pourquoi pas, l’avoir fait vivre sous les yeux des enquêteurs d’une manière honorable, mais propre à instiller le doute dans les esprits tordus. Comme le pompier pyromane qui reste toujours à proximité de l’incendie qu’il vient d’allumer pour jouer les héros, le coupable peut se sentir irrésistiblement attaché et attiré par le crime qu’il vient de commettre, curieux de voir si on arrivera à remonter jusqu’à lui. Un bon truc, mais ce n’est pas le seul. Relisez les histoires au terme desquelles vous vous êtes sentis floué par un dénouement venu d’on-ne-sait-où et comparez-les à ces romans aux fins jubilatoires, celles dont vous aviez réussi à percevoir certains éléments-clés sans pour autant tout deviner, et vous verrez tout de suite la différence.

  • L’auteur ne doit jamais choisir le criminel parmi le personnel domestique, tel que valets, laquais, croupiers, cuisiniers ou autres. Ce serait une solution trop facile. Le coupable doit être quelqu’un qui en vaille la peine.

Pas de place pour le menu fretin … On est prié de s’assassiner entre gens du meilleur monde. Incroyable : on se croirait encore à l’époque victorienne ! Le coupable est celui que vous désignerez comme tel, et voilà tout ! Depuis quand faut-il se prévaloir de lettres de noblesse pour avoir le droit d’assassiner son prochain ?

  • Il ne doit y avoir dans un roman policier, qu’un seul coupable, sans égard au nombre d’assassinats commis. Toute l’indignation du lecteur doit pouvoir se concentrer sur une seule âme noire.

Boss de fin de niveau ou boss de fin de jeu ? En réalité, on sent tout de suite qu’on a affaire au grand manitou ou à ses sbires, et la survenue d’un ou plusieurs bras droits n’est pas problématique dans une intrigue bien troussée. Il faut seulement veiller à ce que le dénouement final apporte un vrai plus à l’histoire : le boss de fin de jeu doit être porteur d’une parcelle de vérité unique, centrale et irréductible à toute autre.

  • Les sociétés secrètes, les maffias, les camarillas n’ont pas de place dans le roman policier. L’auteur qui y touche tombe dans le domaine du roman d’aventures ou du roman d’espionnage.

C’est ennuyeux pour Steve Berry, Dan Brown et consorts, ça ! Quand on pense que l’action de sociétés secrètes constitue l’un des pivots des romans policiers ésotériques, on est très mal… A moins d’oublier cette règle qui ne se justifie pas plus que ça.

  • La manière dont est commis le crime et les moyens qui doivent mener à la découverte du coupable doivent être rationnels et scientifiques. La pseudo-science, avec ses appareils purement imaginaires, n’a pas de place dans le vrai roman policier.

L’expérience interdite ! A nouveau, si les choses sont bien dosées, rien ne s’oppose. Evidemment, il ne faut pas prendre les lecteurs pour des imbéciles : introduire le surnaturel dans un roman dont ce n’est pas la vocation est un exercice subtil auquel il faut procéder avec beaucoup de circonspection.

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  • Le fin mot de l’énigme doit être apparent tout au long du roman, à condition, bien sûr, que le lecteur soit assez perspicace pour le saisir. Je veux dire par là que si le lecteur relisait le livre une fois le mystère dévoilé, il verrait que, dans un sens, la solution sautait aux yeux depuis le début, que tous les indices permettaient de conclure à l’identité du coupable et que, s’il avait été aussi fin que le détective lui-même, il aurait pu percer le secret sans lire jusqu’au dernier chapitre. Il va sans dire que cela arrive effectivement très souvent, et je vais jusqu’à affirmer qu’il est impossible de garder secrète jusqu’au bout et devant tous les lecteurs la solution d’un roman policier bien et loyalement construit. Il y aura toujours un certain nombre de lecteurs qui se montreront tout aussi sagaces que l’écrivain. C’est là, précisément, que réside la valeur du jeu.

Mais … on en parle déjà aux points 1 et 2 ! Entre l’illusion de la transparence absolue et la déception de voir un lapin sortir d’un chapeau, il y a de la place pour quelques bonnes intrigues.

  • Il ne doit pas y avoir, dans le roman policier, de longs passages descriptifs pas plus que d’analyses subtiles ou de préoccupations « atmosphériques ». Cela ne ferait qu’encombrer lorsqu’il s’agit d’exposer clairement un crime et de chercher le coupable. De tels passages retardent l’action et dispersent l’attention, détournant le lecteur du but principal qui consiste à poser un problème, à l’analyser et à lui trouver une solution satisfaisante. Je pense que lorsque l’auteur est parvenu à donner l’impression du réel et à capter l’intérêt et la sympathie du lecteur aussi bien pour les personnages que pour le problème, il a fait suffisamment de concessions à la technique purement littéraire.

Reality show, ou comment résister au syndrome Honoré de Balzac… D’accord, on n’est plus à l’époque des feuilletons dont les auteurs étaient rémunérés à la page. Mais dans le cas des « considérations atmosphériques », il ne faut se référer qu’à un seul critère : celui de l’utilité. Pas de remplissage : jamais ! Mais au contraire, ne chipotez pas sur l’introduction de tout ce qui vous semble essentiel au développement de votre intrigue. Il n’y a pas d’autre règle.

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  • L’écrivain doit s’abstenir de choisir son coupable parmi les professionnels du crime. Les méfaits des bandits relèvent du domaine de la police et non pas de celui des auteurs et des détectives amateurs. De tels forfaits composent la grisaille routinière des commissariats, tandis qu’un crime commis par une vieille femme connue pour sa grande charité est réellement fascinant.

Et quid des méchants tueurs téléguidés par le psychopathe ? Je ne suis sans doute pas la seule à apprécier le côté gros bras des hommes de main recrutés par des cerveaux restés dans l’ombre. Evidemment, si le roman ne tourne qu’autour d’eux, on en aura vite fait le tour…

  • Ce qui a été présenté comme un crime ne peut pas à la fin du roman se révéler comme un accident ou un suicide. Imaginer une enquête longue et compliquée pour la terminer par une semblable déconvenue serait jouer au lecteur un tour impardonnable.

Tout ça pour ça ! Comment éviter l’effet pétard mouillé ? En réalité, rien ne s’oppose à ce que ce qui semblait être un meurtre ne soit finalement qu’un suicide, si ce suicide cache une autre dimension. Dans L’affaire du Pont de Thor, l’une des enquêtes de Sherlock Holmes, le suicide de l’épouse d’un homme d’affaires richissime se révèle être en fait une tentative de meurtre dirigée contre la gouvernante à qui ledit homme d’affaires manifeste un attachement que l’épouse ne supporte pas. Le suicide ou l’accident doit être instrumentalisé par la personne qui en est victime ou par l’entourage, sous peine de créer une histoire qui échapperait au genre policier.

  • Le motif du crime doit toujours être strictement personnel. Le roman policier doit refléter les expériences et les préoccupations quotidiennes du lecteur, tout en offrant un certain exutoire à ses aspirations ou à ses émotions refoulées.

C’est un des rares principes acceptables comme tel : à moins d’être un psychopathe, on tue toujours pour une raison, et cette raison est presque toujours personnelle.

  • Enfin, je voudrais énumérer quelques trucs auxquels n’aura recours aucun auteur qui se respecte parce que déjà trop utilisés et désormais familiers à tout amateur de littérature policière :

Very bad trip ! Accrochez-vous : on est parti pour une franche rigolade !

La découverte de l’identité du coupable en comparant un bout de cigarette trouvé à l’endroit du crime à celles que fume un suspect ;

Que dire alors d’un des Nicolas Le Floch, Le sang des farines, ou d’une des aventures de Sherlock Holmes, Le malade à domicile ? D’accord, ce genre de procédé est un peu grandguignolesque, mais on le trouve dans des romans très valables. Allez, on dose !

La séance spirite truquée au cours de laquelle le criminel, pris de terreur, se dénonce ;

Je ne suis pas fan de ce genre de recours un peu tiré par les cheveux, par le spiritisme ou par l’hypnose, peu importe. Si on en arrive à des méthodes pareilles, c’est qu’il y a un vrai problème dans la structure même du roman.

Les fausses empreintes digitales ;

« Oui, c’est bien moi : Fantômas »… Complètement d’accord, pout une fois ! Ces gants de latex brandis par le bonhomme à drôle de tête sous son masque (Pauvre Jean Marais !) sont à crever de rire !

L’alibi constitué au moyen d’un mannequin ;

Dans La maison vide, Sherlock Holmes fait croire qu’il est chez lui grâce à un mannequin disposé devant la fenêtre… La ficelle est un peu grosse, même quand on est fan de Conan Doyle. On voit bien que le pauvre homme marchait un peu à reculons en ressuscitant son héros.

Le chien qui n’aboie pas, révélant ainsi que l’intrus est un familier de l’endroit ;

Maigret et la vente à la bougie : voilà une histoire qui prend aux tripes (avec une magnifique interprétation de Bruno Cremer). J’aime assez ce vieux chien, qui répond au doux nom de Monsieur, qui n’aboie pas quand il connaît, selon son maître, mais qui, à en croire les clients de l’auberge où le meurtre a eu lieu, ne bougerait pas d’un poil si une chasse à courre était donnée dans la grande salle.

Le coupable frère jumeau du suspect ou un suspect lui ressemblant à s’y méprendre ;

L’éternelle histoire du jumeau diabolique… Pourtant, quelques bonnes enquêtes ont exploité ce filon, comme Le Noël d’Hercule Poirot, ou Double choc, de la série Columbo, avec Martin Landau dans le rôle des deux frères jumeaux.

La seringue hypodermique et le sérum de vérité ;

Rien à dire : interdit … trop facile ! Si c’est ça, il n’y a plus d’enquête : une piquouse à tout le monde, et on n’en parle plus.

Le meurtre commis dans une pièce close en présence des représentants de la loi ;

D’accord, c’est un peu culotté de procéder devant des représentants de la loi, mais le meurtre en chambre close a été le prétexte à quelques histoires magnifiques, comme Double assassinat dans la rue Morgue, Le mystère de la Chambre jaune, ou La bande tachetée.

L’emploi des associations de mots pour découvrir le coupable ;

Pourquoi pas ? Mais à nouveau, il faut doser avec subtilité pour ne pas sombrer dans le burlesque. Agatha Christie maîtrisait parfaitement ce procédé dans du La maison péril, où toutes les femmes d’une même famille portent le prénom Magdala, avec un diminutif qui permet de les différencier, ou dans Un meurtre sera commis le…, avec son Lotty au lieu de Letty.

Le déchiffrement d’un cryptogramme par le détective ou la découverte d’un code chiffré.

Alors, là, pas d’accord ! Evidemment, il faut y aller doucement, mais c’est comme pour toutes les autres ficelles : si c’est trop gros, on n’y croit plus.

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En conclusion, que reste-t-il des 20 règles du crime d’auteur ? Après les avoir passées au crible, une à une, on peut se demander s’il ne faudrait pas tout simplement les balancer aux orties : démodées, surannées, directives… Elles ont tous les défauts, ces fichues règles ! Mais au moins une qualité, et non des moindres : celle de provoquer la réflexion des candidats auteurs de romans policiers, afin qu’ils puissent se positionner par rapport à tous ces critères qui touchent finalement peu ou prou à l’essence même de l’intrigue policière et de la culture qui l’entoure. C’est un ensemble de pierres de touche dont il ne faut certainement pas sous-estimer l’utilité et la pertinence.

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