Polar ésotérique – Le dernier Evangile, de David Gibbins

A nouveau, un schéma en deux temps : le passé et le présent… Aux lecteurs de faire le lien, mais rassurez-vous : c’est vite fait !

79 après Jésus-Christ, Herculanum. L’empereur romain Claude, qui est censé être mort empoisonné vingt-cinq ans plus tôt, vit ses derniers jours. C’est un homme âgé qui se prépare à accomplir sa dernière tâche et ainsi honorer la promesse qu’il a faite à un homme, il y a très longtemps, au bord d’un lac, dans le désert de Palestine. Une promesse dont les conséquences pourraient ébranler les fondements de la civilisation occidentale… De nos jours, au large de la Sicile, Jack Howard est à la recherche des vestiges du naufrage de saint Paul lorsque des confrères le pressent de les rejoindre à Naples, afin de participer à leurs travaux sur le site d’une villa récemment mise au jour au cœur d’une gangue volcanique inviolée. Très vite, l’archéologue comprend que les deux chantiers de fouille – maritime et terrestre – sont intimement liés. Fort d’une intuition presque surnaturelle et d’une érudition sans bornes, Jack se lance alors dans une quête haletante, qui va le mener de la cité engloutie d’Herculanum aux entrailles de Londres, Rome et Tel Aviv, sur les traces du plus grand secret de l’histoire occidentale… Un secret bouleversant, enfoui depuis deux millénaires… Un secret que d’autres veulent laisser à tout prix l’ombre.

Chapeaux bas, pour cet incroyable travail qui mêle l’archéologie, l’Histoire et la fiction dans un thriller hypnotique qui élargit l’horizon des possibles… En fait, c’est exactement le genre de livre que je rêvais de recenser… et que je craignais en même temps ! Dans quelle catégorie faut-il le placer ? S’agit-il d’un polar historique ou d’un polar ésotérique ? Les deux identités sont bien présentes, et j’avais beau retourner ce livre dans tous les sens, je continuais à douter, et je doute encore : avec ces contextes fouillés (sans mauvais jeu de mots), toutes ces longues références historiques (que j’ai adorées… Ma période de prédilection ! Un vrai régal !), il y a de quoi se troubler… Cependant, certains détails ne trompent pas : il y a des sociétés secrètes, une conspiration, des tractations vaticanes, et surtout un secret qui fait courir tout ce beau monde et qui est de nature à ébranler la civilisation occidentale… Un secret du 1er siècle de notre ère… Allez, adjugez ! C’est un polar ésotérique !

Dès le premier chapitre, on plonge directement au cœur d’une intrigue dense, avec un suspense qui tient en haleine jusqu’au bout, en dépit de certains passages parfois un peu longs, mais tellement intéressants en terme de contenu. Les situations historiques sont reconstituées avec une maîtrise à couper le souffle : on ne cesse pas d’apprendre, même quand on est de la partie, et on doit se raisonner pour ne pas filer en bibliothèque pour encore compléter tout ça. Et que dire de ce dernier chapitre dans lequel l’auteur fait la part entre la fiction et la réalité… Les lecteurs, qui sortent d’une révélation finale de très haut vol, y arrivent comme des assoiffés à qui on tendrait un verre d’eau. D’accord, c’est peut-être un livre d’historien (avis aux amateurs d’histoire religieuse et d’histoire romaine), mais c’est tellement passionnant et si intensément palpitant qu’il est impossible d’en lever la tête avant le point final !

Même la dimension « Indiana Jones » m’a enchantée, moi qui n’aime que très modérément les exploits de badass. Le style est enlevé et visuel. Les aventures s’enchaînent à un rythme soutenu, à la faveur de voyages aux quatre coins du monde dans des lieux chargés d’histoire, et c’est très bien – un peu moins pour le bilan carbone. Un petit bémol : les énigmes résistent peu à l’extraordinaire sagacité de Jack Howard et à la compétence de son équipe – une palette de talents qui ferait pâlir d’envie tous les recruteurs du monde ! – et du coup, ça tourne un peu à la « porte-monstre-trésor » et ça tire vers le scénario, avec une espèce de pédagogie qui déplaît, même si les précisions apportées sont délectables… Dommage. Une autre faiblesse, mais qui n’est pas insurmontable, c’est ce foisonnement de détails techniques sur la plongée sous-marine : quand on sait que c’est la marque de fabrique de Jack Howard, l’universitaire chasseur de trésor, on en prend son parti et si c’est vraiment trop barbant, il ne reste plus qu’à lire en diagonale, selon la bonne vieille méthode.

En réalité, les trois seules choses qui me chagrinent un peu dans cet excellent polar, c’est d’abord que les gens d’Eglise passent encore une fois pour un ramassis de menteurs, de tueurs, etc… Rien de nouveau sous le soleil, quand on jette un œil à d’autres romans du même style… La seconde petite « boulette », c’est cette conservation miraculeuse des écrits anciens qui ont résisté vaille que vaille, siècle après siècle, au souffle brûlant, à la lave, à la pourriture, à l’humidité… Cela confine au merveilleux ! Et enfin, j’ai regretté que la psychologie des personnages ne soit pas plus poussée : leur raison d’être semble se résumer à mener l’enquête et à résoudre les énigmes successives. Jusqu’à la toute fin, quand Jack se découvre une fille de quinze ans, pas un cheveu ne dépasse : une vraie désolation quand on considère toutes les possibilités que l’auteur se crée continuellement sans jamais les exploiter.

Avant de conclure, je vais me botter les fesses une bonne fois pour toutes : désormais, avant de me jeter comme une folle sur tel ou tel livre dont le titre me saute à la figure, il faudra à tout prix que je vérifie que je n’ai pas encore une fois attrapé le troisième volume d’une série ! Eh oui, j’ai rejoué la partie d’Erin Hart, même si cette fois j’ai bien mieux adhéré à l’argument. Amis lecteurs, Internet est un outil formidable : on y trouve la liste des œuvres d’un auteur dans le bon ordre….

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