Polar classique – La stratégie de l’hydre, de William Diehl

Tout commence par un meurtre d’une barbarie atroce et inexplicable. Dans une petite ville bien tranquille, au fond de l’Illinois, une jeune femme est massacrée chez elle, dans son salon, sous les yeux de son bébé. En dépit de ses efforts et des recherches entreprises pour retrouver l’assassin, la police n’arrive à rien : il n’y a ni témoins, ni indices, ni suspects. Le dossier est classé jusqu’au jour où l’un des enquêteurs de Martin Vail, procureur général de Chicago, constate de troublantes ressemblances entre ce meurtre et celui de l’archevêque Rushman commis dix ans auparavant. L’homme d’Eglise avait été poignardé et mutilé par l’un de ses enfants de chœur, le jeune Aaron Stampler, un personnage étrange dont Vail, alors simple avocat, avait assuré la défense. A l’issue du procès, Stampler avait d’ailleurs échappé de justesse à la chaise électrique grâce au talent de Vail qui avait mis au jour les troubles psychiatriques graves dont souffrait l’accusé. Mais quel rapport peut-il exister entre le meurtre de Monseigneur Rushman et celui de la jeune mère de famille de l’Illinois ? Cela fait dix ans que Stampler vit cloîtré dans le service de haute sécurité d’un asile psychiatrique et qu’il n’a plus aucun contact avec l’extérieur… Pourtant, Vail est convaincu de son implication dans ce nouveau meurtre. Cette fois, se promet-il, Aaron ne lui échappera pas.

La stratégie de l’hydre est la suite de Terreur extrême, qui connut un énorme succès de librairie et au box-office sous le titre (littéralement de l’original en anglais) de Peur primale : le livre et le film qui en est tiré – avec Richard Gere dans le rôle de Martin Vail et Edward Norton dans le rôle d’Aaron Stampler (1996) –  racontent le premier affrontement entre Martin Vail et Aaron Stampler, un psychopathe qui paraît bien avoir audacieusement joué la comédie de la schizophrénie pour échapper à la peine de mort. Après cette affaire qui l’a beaucoup marqué, Vail a poursuivi sa carrière et c’est dans la peau d’un district attorney qu’on le retrouve ici. Un district attorney qui fuit les mondanités et qui veut avant tout se concentrer sur son travail : afin de pallier aux déficiences des services de police, l’équipe de Vail passe à la loupe chacune des affaires criminelles portées à la charge du Bureau. Dans cette équipe soudée par un même idéal de justice, personne ne s’attendait à voir surgir un fantôme du passé – un fantôme si dangereux que le premier soin de Vail est de s’assurer qu’il n’a pas quitté sa cellule… et pourtant !

Qu’on aime ou qu’on déteste les histoires d’assassins manipulateurs, on ne peut rester indifférent à la puissance narrative de ces polars qui portent le sceau et la marque des années 80/90… En dehors du fait que tous ces gens qui gravitent dans les cercles de la police et de la justice semblent n’avoir pas plus de vie privée que dans un épisode du Commissaire Navarro (à l’exception notable d’une scène de sexe relativement explicite au scénario un peu improbable), c’est ficelé au millimètre. Un legal thriller pur jus, bien mené du premier au dernier mot… Il n’y vraiment pas à dire : quel sens du cliffhanger on avait en ce temps-là ! On ne peut se résoudre à lâcher, tant on veut sans cesse savoir davantage et se donner des chances de comprendre l’odieuse machination qui est en train de se nouer. En plus d’une histoire haletante remplie de héros « badass » dans le goût de ce qui se faisait alors (et se fait parfois encore aujourd’hui), on trouve aussi un style très agréable à lire (une traduction de haut niveau, encore une marque des romans des années 80/90) et surtout plusieurs intrigues parallèles  qui sont servies par un découpage quasi-chirurgical.

Les trois romans de William Diehl consacrés aux enquêtes de Martin Veil (Peur primale, 1992 ; La stratégie de l’hydre, 1995 ; Régner en enfer, 1997) ne sont pas les premières productions de cet auteur journaliste à la plume féconde, décédé d’un anévrisme en 2006, mais ce sont incontestables ses plus célèbres.

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