Polar historique – La pyramide de glace, de Jean-François Parot

Février 1784. L’un des plus rudes hivers du siècle accable Paris. Le peuple érige des monuments de glace en reconnaissance des actes de charité des souverains. Au dégel, l’une de ces pyramides révèle le corps dénudé d’une femme. Chose troublante : la jeune personne, qui était connue comme prostituée, est le parfait sosie de la reine Marie Antoinette. Pour Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet à la ville, en charge des affaires extraordinaires, et marquis de Ranreuil à la cour, c’est le début d’une enquête haletante qui, à partir de maigres indices, le conduira à soupçonner une machination ourdie contre la réputation de Marie Antoinette par un prince du sang. Entouré par ses amis et investi de la confiance de Louis XVI, aidé par les informations de Restif de la Bretonne, il remontera peu à peu la chaîne des présomptions, allant de surprise en surprise.

Cette enquête de Nicolas Le Floch aborde l’un des sujets historiques les plus déconcertants de la fin du 18e siècle : la fascination qu’exerçait la reine Marie Antoinette sur ses contemporains, en dépit des nombreuses critiques dont elle était l’objet. Une fascination qui a traversé les époques, mais qui, du vivant de la reine, s’est exprimée d’une manière étrange, sous la forme d’une recherche éperdue de la ressemblance avec Marie Antoinette. La quinzième enfant de l’impératrice d’Autriche n’avait que quatorze ans lorsqu’elle arriva en France pour épouser le futur Louis XVI. C’est une union illustre, qui renforce le système d’alliance de Louis XV. En plus de cela, la Dauphine est réellement magnifique et son caractère enjoué fait d’abord les délices de la cour. Mais cette situation idyllique ne tarde pas à se dégrader : Louis XVI devient roi en mai 1774 et le peuple attend que son épouse lui donne un héritier. Le premier enfant du couple royal ne voit le jour qu’en décembre 1778, et c’est une fille. Entretemps, la jeune reine s’est étourdie dans les bals et les distractions les plus dispendieuses.  Quelques années plus tard, l’Affaire du Collier de la Reine porte le coup de grâce à ce qui restait de la faveur dont jouissait la souveraine : afin d’escroquer le cardinal de Rohan, la comtesse de La Motte et ses complices avaient provoqué la rencontre de leur pigeon avec une prostituée parisienne, Nicole Leguay d’Oliva, qui présentait une ressemblance étonnante avec Marie Antoinette – une ressemblance que les escrocs avaient accentuée en fournissant à Nicole une robe de mousseline semblable aux toilettes de la reine. Même si la reine est traînée dans la boue par les libelles, les Français continuent de s’arracher les rubans et atours issus des boutiques qui fournissent la cour. Tout pour suivre les modes que la reine lance, au point de provoquer le scandale lorsqu’elle apparaît volontairement dépouillée des insignes de la royauté, vêtue d’une simple robe de coton, sur l’un des célèbres portraits réalisés par Elisabeth Vigée-Lebrun. Quelques années après la Révolution, une dame étrange, toute voilée de noir, arpente l’Europe : la Comtesse des Ténèbres, comme on l’appellera, aurait présenté une ressemblance étonnante avec Marie Antoinette… Une ressemblance telle qu’on prit la mystérieuse comtesse pour sa fille Marie Thérèse. Ou pourquoi pas pour la reine elle-même?

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