Polar historique – Le prince de Cochinchine, de Jean-François Parot

Septembre 1787. Alors qu’il se trouve en famille à Guérande, en Bretagne, Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet à la ville, en charge des affaires extraordinaires, et marquis de Ranreuil à la cour, réchappe de peu à un attentat. Voilà une nouvelle enquête pour le commissaire qui peut s’enorgueillir de la confiance de Sa Majesté Louis XVI. De retour à Paris, Nicolas retrouve son ami d’enfance l’évêque Pigneau de Behaine, qui est venu négocier un traité d’alliance entre la Cochinchine et la France, malgré les menaces des puissances étrangères. Le commissaire, qui instruit déjà un meurtre lié à Olympe de Gouges, devra ainsi affronter la triade, un groupe qui est lié aux adversaires du roi de Cochinchine et du jeune prince Canh, héritier du royaume d’Annam. Entre complots d’Etat, folie criminelle et doutes intimes, il faudra que le héros des Lumières mobilise sa sagacité et ses indéfectibles amitiés pour résoudre ces intrigues délicates.

Il n’est pas possible de prendre ce volume dans les mains – la dernière enquête de Nicolas Le Floch par Jean-François Parot – sans mesurer l’immense perte pour la littérature que représente le décès de cet écrivain diplomate à la retraite, historien et lettré, érudit et vulgarisateur de génie. Car cette série de romans policiers historiques figure parmi les meilleures du genre, non seulement par l’excellence des contextes présentés, mais aussi par la structuration d’intrigues exceptionnelles et la création de personnages qui ont marqué le public et l’imaginaire collectif.

Dans Le prince de Cochinchine, le lecteur croise avec délice une femme étonnante, que l’on retrouve dans les enquêtes de Victor Dauterive, de Jean-Christophe Portes, une autre série policière historique toute aussi réussie que le cycle Nicolas Le Floch et fort heureusement toujours en cours. Olympe de Gouges est née le 7 mai 1748 à Montauban. Mariée à 17 ans, veuve un an plus tard, elle choisit de ne pas se remarier afin de conserver la liberté que lui procure le statut de veuve. Plus de permission à demander à un mari, plus de déconvenue sentimentale pour la belle Olympe dont l’époux défunt était un homme grossier et inculte. Mère d’un petit garçon né de cette union éphémère, Olympe s’installe à Paris où elle entretient une longue liaison avec  Jacques Biétrix de Rozières qu’elle refuse d’épouser, par fidélité à ses principes. Sa vie libre et sa détermination à faire carrière dans les lettres lui attirent une réputation peu flatteuse de courtisane et de femme entretenue. Intelligente et dotée d’une rare pugnacité, Olympe parvient à s’illustrer comme essayiste et auteur de pièces de théâtre. Elle développe une philosophie politique que l’on connaît surtout par la fameuse Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne dans laquelle elle affirme l’égalité des droits civils et politiques des deux sexes. Cette pionnière du féminisme meurt guillotinée le 3 novembre 1793.

Quelques livres pour aller plus loin :

Benoîte Groult, Ainsi soit Olympe de Gouges : la Déclaration des droits de la femmes et autres textes politiques

Olivier Blanc, Olympe de Gouges

Michel Faucheux, Olympe de Gouges

Catherine Marand-Fouquet, La femme au temps de la Révolution

Quelques romans :

Geneviève Chauvel, Olympe

Maria Rosa Cutrufelli, J’ai vécu pour un rêve. Les derniers jours d’Olympe de Gouges

Joëlle Gardes, Olympe de Gouge. Une vie comme un roman

Caroline Grimm, Moi, Olympe de Gouges

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