Polar ésotérique – La conspiration du temple, de Steve Berry

conspiration_du_templeLa ministre suprême de la jeune fédération d’Asie centrale a des rêves de grandeur : depuis sa capitale Samarcande, elle veut envahir ses voisins afghans et iraniens. Mais pour lancer les opérations militaires, il lui faut réunir les huit décadrachmes de Poros, ces médaillons frappés à l’époque d’Alexandre le Grand. Elle y met les moyens, la bonne dame, à la manière d’un bulldozer : impossible de la rater… Comment huit pièces archéologiques pourraient-elles mettre l’Asie centrale à feu et à sang ? C’est l’énigme que doit résoudre Cotton Malone, ex-agent du ministère de la Justice américaine, tandis que dans l’ombre, une organisation secrète prépare en silence un complot terrifiant.

Le roman est bien conforme au pitch, mais ne nous emballons pas ! Ce n’est pas du grand Steve Berry que nous avons là. C’est même en deçà de ce à quoi le père de Cotton Malone nous avait habitués et aussi bien en-dessous de ce qu’il était capable de tirer de la constellation de légendes qui entourent Alexandre le Grand. Dommage : j’en bavais déjà…

Je vais sûrement vous paraître bien sévère, mais ce n’est même pas un roman pour les vacances, du genre de ceux qu’on aime bouquiner au bord d’une piscine, les lunettes de soleil sur le nez et la cervelle encore un peu embrumée à cause des mojitos de la veille. En fait, le troisième opus des aventures du retraité le moins peinard de l’histoire de la littérature tient davantage du scénario que du roman.

Bon, d’accord, on retrouve quand même quelques-uns des traits caractéristiques qui nous sont si chers, à nous, les fans… A commencer par le héros, toujours aussi badass, et qu’on suivrait au bout du monde, sur un claquement de doigts. Cotton Malone donc, dépêtré des embrouillaminis familiaux qui nous avaient régalés dans L’énigme Alexandrie – son ex, la belle et mince Pam, avec sa longue chevelure auburn, et son fils putatif, le charmant Gary – et qui retrouve l’aventurière sans peur ni reproche, Cassiopée Vitt pour ne pas la nommer, et son grand ami, l’énigmatique Danois au grand cœur, Henrik Thorvaldsen, en figure paternelle atypique (mais si efficace : mon personnage préféré, si vous voulez tout savoir). Steve Berry a choisi de développer un sujet accrocheur, au parfum exotique, et même s’il oublie souvent de le servir comme il le devrait, la plume reste alerte, le style agréable, les rebondissements spectaculaires (parfois un peu trop, mais c’est la loi du genre) et on peut même trouver un vrai plaisir à lire La conspiration du temple … à condition de ne pas trop se prendre la tête !

Curieusement, l’auteur semble s’être focalisé depuis le début du récit sur la psychologie des personnages, mais sans prendre la peine de mettre ces derniers réellement en relation les uns avec les autres. La consistance de l’intrigue s’en ressent durement, au point que je me suis même posé la question de son existence : on a davantage l’impression de lire des épisodes juxtaposés les uns aux autres, étirés pour s’accrocher artificiellement. On sent que Steve Berry s’est documenté comme à son habitude, au petit point, mais on a l’impression confuse qu’il n’a pas vraiment tiré parti de son travail préalable, ravalé à des exposés un peu décousus qu’on peine à rattacher au reste du récit. Les descriptions n’apportent rien à l’ensemble, l’histoire traîne en longueur et le dénouement est désagréablement prévisible. Et tout cela sans compter les pseudo-postulats scientifiques véhiculés par le roman, au nombre desquels l’existence d’une eau miraculeuse capable de guérir du VIH… Je suis peut-être atrocement pragmatique sur ce coup-là, mais je ne marche pas !

La seule grâce particulière que j’accorde à ce roman est de construire l’arrière-plan de la liaison à venir entre Cotton, le beau quadra aux yeux verts, et Cassiopée, la wonder woman fragile sous ses allures de tigresse, sous le regard attendri du vieux Thorvaldsen. D’accord, ce n’est pas très orthodoxe, mais je vais dévoiler un peu : même si la suite de la relation ressemble un peu à « Chacun sauve l’autre à son tour », ils sont mignons, les petits, et c’est une histoire dans laquelle on aime embarquer. Qui a dit que les love affairs n’avaient pas voix au chapitre dans les bons polars ? Peut-être pas dans celui-ci, d’accord, mais il y en a d’autres !

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