Culture ésotérique – Le Tarot

Le Tarot, une source d’inspiration inépuisable

Le Tarot est un livre d’images que l’on tourne et retourne sans fin. D’une manière plus pragmatique, c’est aussi une source d’inspiration pour tous ceux qui souhaitent créer une atmosphère de mystère, grâce au mélange de traditions anciennes et d’occultisme qu’il évoque invinciblement. Il suffit, pour s’en convaincre, de jeter un œil à la littérature policière et fantastique qui puise à cette source : Sépulcre, de Kate Mosse, L’affaire du Tarot, de Pieter Aspe, ou encore La Tour sombre, de Stephen King. Alors, à tous ceux qui, comme moi, souhaitent pousser un peu dans cette direction, je propose un cycle d’articles consacrés au Tarot : un topo général, les arcanes majeurs et mineurs, ainsi qu’un aperçu des tirages. De quoi vous donner envie d’acquérir un jeu pour vous exercer, en toute modestie…

Le Tarot nous entraîne sur les chemins de l’histoire et de la destinée de l’être humain. Il évoque nos doutes, nos angoisses, nos rêves et nos bonheurs. Cassons le nez aux idées reçues : le Tarot ne nous offre aucune solution toute faite, mais il nous donne la possibilité de nous regarder de plus près et d’avancer vers l’avenir, une fois que les leçons du passé sont comprises et acceptées.

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Le Tarot, miroir de l’âme

Lorsque nous regardons les lames du Tarot, c’est nous-mêmes que nous voyons tout à coup, nous ici et maintenant ; nous qui, par l’intermédiaire du Tarot, ouvrons une brèche dans notre inconscient et plongeons dans le monde riche et ambivalent du symbole. Le Tarot est un instrument qui permet à l’inconscient de s’exprimer et à la sagesse de venir, si nous le désirons, à notre pleine conscience. En nous, l’inconscient est certainement ce qu’il y a de moins structuré, mais, dans le même temps, il sait tout : passé, présent et avenir. Avec lui, nous retrouvons les archétypes fondamentaux et élémentaires : le féminin, le masculin, le père, la mère, le ciel, la terre, le feu, l’air, le centre, le carré, la croix, le cercle … Le Tarot est un miroir, et chacun s’y découvre tel qu’il est. Aussi, lorsque vous ouvrez votre jeu de Tarot, regardez chacune des lames avec attention et laissez-vous imprégner par ses symboles… Laissez le dialogue s’instaurer entre la lame et votre inconscient. Le Tarot ne se livrera pas à vous d’un seul coup : il vous faudra du temps, de la persévérance, de l’écoute, mais aussi de l’allégresse pour aller au-devant de lui. Soyez toujours confiant et disponible lorsque vous vous apprêtez à l’interroger : il est votre meilleur ami, la voix de votre guide intérieur. Il n’y a donc aucune raison de le craindre : il ne peut qu’être positif et aller dans le sens de votre évolution ; le négatif, c’est votre mental qui le crée. Le Tarot se vit de l’intérieur : c’est une aventure qui va bien plus loin que celle d’une cartomancienne et de ses cartes : c’est une mise en œuvre et en action des symboles.

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La fonction du symbole

Le mot symbole vient du grec Συμβολον, qui signifie « signe de reconnaissance ». A l’origine, il s’agissait d’un objet de céramique ou de métal coupé en deux ; deux personnes en gardaient chacune une partie, et lorsqu’elles se retrouvaient, elles reconnaissaient leurs engagements ou leurs liens en rapprochant les deux fragments. Le symbole implique donc à la fois l’idée de séparation et l’idée de réunion ; il évoque une chose morcelée qui peut retrouver son unité : il rassemble. Les symboles sont des vecteurs de connaissance et n’ont de signification réelle que pour celui qui les conçoit. Ils sont les outils de l’esprit ou de l’âme, ils se situent toujours entre le conscient et l’inconscient, entre le jour et la nuit, entre la raison et l’imaginaire … Ils apparaissent là où le langage fait défaut, et représentent une expérience intime, concrète, spirituelle et universelle : ils donnent à l’homme sa véritable dimension. Par l’intermédiaire du Tarot, l’homme des sociétés dites modernes ou avancées peut retrouver le monde des symboles, des mythes, des archétypes, tout ce qui constitue ses structures profondes … Par ailleurs, le Tarot le met en face de lui-même et le responsabilise. Ce ne sont pas les cartes qui parlent, c’est lui qui inscrit ses potentialités à travers elles. C’est lui qui choisit de faire sortir le Bateleur ou l’Empereur, et non le Bateleur ou l’Empereur qui apparaissent par enchantement !

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La terminologie

Avant de faire une étude symbolique du Tarot, le profane doit apprendre à utiliser certains termes. La carte du Tarot se nomme lame ou arcane. L’arcane est le mystère, la gnose contenue dans chaque lame du Tarot : l’arcane interpelle l’inconscient, éveille en lui certaines résonances qui permettront l’interprétation. Elle invite à une méditation, exercice spirituel qui, une fois la leçon bien intégrée, se traduira concrètement dans la vie quotidienne. La carte du Tarot s’appellera plus couramment une lame. Notre carte n’est pas en effet une simple carte à jouer, mais une figure chargée de symboles et de sens qui renvoie toujours à une conception supérieure. Le symbolisme de chaque lame va peu à peu nous pénétrer, le plus souvent à notre insu, d’où son analogie avec le côté tranchant et aiguisé de l’épée (qui fait partie des arcanes mineurs) qui transpercera notre psychisme et notre esprit. Elle interpelle notre inconscient, éveille en lui certaines résonances qui permettront l’interprétation. Une lame de Tarot est très structurée : dans le cadre figurent le ou les personnages, parfois même un paysage, des animaux. Tout ici a de l’importance : les gestes, la position des mains ou des pieds, l’inclinaison de la tête, la rotation du buste, la direction vers laquelle se tourne le personnage … En haut et au milieu de la carte s’inscrit le nombre qui symbolise la lame (excepté pour le Fou, ou le Mat). Enfin, en bas, apparaît le nom de la lame (excepté pour l’Arcane sans nom).

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Etude

Le Tarot de Marseille a été édité par Grimaud : Paul Marteau, vers 1930, en réhabilita les 78 lames. Il en fixa les dessins et les couleurs, selon la lettre et l’esprit d’une certaine tradition. Le dessin y est grossier, les couleurs franches, et son aspect primitif, voire archaïque, permet à celui qui contemple la lame d’avoir accès à une vision symbolique primaire, mais essentielle pour l’interprétation.

La magie des couleurs

Dans l’actuel Tarot de Marseille, les couleurs sont plus franches que dans le modèle initial de Nicolas Conver. Conçu en 1760, ce jeu est remarquable par la franchise et la beauté de ses couleurs, ainsi que par la finesse et la précision de ses traits. Le bleu y est particulièrement réussi. Ce jeu fit l’unanimité et devint au 18e siècle l’outil des devins et des voyants.  Ainsi, le bleu est un bleu dur, qui parle plus à l’âme humaine qu’une teinte nuancée où l’esprit se perdrait dans des méandres subtils. Le rouge franc transmet une sensation, un message immédiat à qui travaille sur le Tarot. Le Tarot de Marseille utilise 7 couleurs : la couleur chair, le bleu, le rouge, le jaune, le vert, le blanc et le noir.

  • La couleur chair renvoie toujours à ce qui est humain (visage, corps) ou ce qui a été créé par l’homme : les constructions comme la tour de la Maison-Dieu, les trônes de l’Empereur et de l’Impératrice, la table du Bateleur, la besace du Mat …
  • Le bleu est la couleur passive, lunaire, féminine par excellence. C’est le couleur de la gestation et de la lente maturation des choses. Le bleu résume aussi la vie spirituelle, l’inspiration et les vertus de l’imaginaire.
  • Le rouge est une couleur masculine, martiale, puissante, qui évoque la force, la vie, le sang. Il représente l’action au service du spirituel, ou encore l’ardeur et la vitalité. Il est intéressant d’observer la répartition du rouge par rapport au bleu dans une lame, en particulier sur le vêtement du personnage.
  • Le jaune est la couleur du soleil, de la lumière, du rayonnement, de l’intelligence et de la conscience de soi. C’est aussi celle du sol pour de très nombreuses lames (le Mat, le Chariot, l’Etoile, la Maison-Dieu) : elle est alors symbole de fertilité et de fécondité. Les épreuves sont bien souvent le ferment qui permet d’accéder à une prise de conscience.
  • Le vert est la couleur du printemps, du règne végétal mort pour mieux renaître. C’est une couleur d’espoir, qui régénère et permet aux forces vitales de se manifester. Mais, ici, il s’agit d’un vert sombre, celui qui caractérise dans la nature les feuilles des arbres persistants, celles qui ne tombent jamais et perdurent au-delà des saisons, d’où une vitalité extrême et une éternelle victoire contre la mort.
  • Le blanc représente la pureté, la grâce, l’espace divin et non matérialisé. Il est le symbole du monde où toutes les couleurs se sont évanouies pour mieux renaître ensuite. Le blanc est également la couleur du passage, de l’initiation, de celui qui va changer de condition.
  • Le noir est symbole de la terre, de ce qui est enfoui en elle, de ce qui est riche ou lourd de potentiel. C’est aussi la couleur des grottes, où la lumière n’a pas encore pénétré, où s’opère la régénération du monde, où se pratiquent les rites initiatiques. C’est aussi la terre noire de l’Egypte qui a engendré le mot « alchimie », mot clé qui évoque toutes les métamorphoses.

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