Polar ésotérique – Le dernier Pape, d’Edouard Brasey

« Le pape se meurt. Alors que les prétendants à sa succession intriguent dans les couloirs du Vatican, des meurtres rituels particulièrement sanglants profanent des lieux de culte. Comme un hommage atroce au martyre de saint Pierre. Il y a 2000 ans, l’apôtre lança sur Rome, lieu de son supplice, une malédiction qui semble prête à s’accomplir : une menace cosmique est sur le point d’anéantir le siège de la chrétienté. Mais les ennemis les plus acharnés de l’Eglise sont peut-être ailleurs… »

Un pitch de 4e de couverture bien alléchant et qui ne s’arrête pas là !

« Etonnamment documenté, ce roman donne des idées passionnantes pour décrypter les arcanes et les scandales qui ont traversé le Saint-Siège depuis les origines de la papauté jusqu’à nos jours : scandales financiers, loges secrètes, décès mystérieux de Jean-Paul 1er, intrigues chez les gardes suisses, financement de programmes d’observation astronomique du cosmos…  Tout est vrai et semble pourtant incroyable ».

Si vous êtes comme moi mordu(e) de polars ésotériques, vous serez d’accord : c’est le genre de bouquin sur lequel on se rue ! Et pourtant, il y a de quoi craindre un flop : encore le Vatican – en même temps, c’est l’habituel fond de commerce de ces romans-là – avec une pointe de catastrophe à la manière des grandes productions du cinéma américain, Armageddon, mais sans Bruce Willis… Quoique ! Stéphane Clément, le héros – un badass aux yeux verts, ancien militaire et champion de krav-maga – peut tout à fait soutenir la comparaison, même si je me demande toujours ce qu’ont les auteurs avec ces histoires d’yeux verts : Steve Berry, José Rodrigues dos Santos et maintenant Edouard Brasey… Mais comme ce dernier jouit d’une réputation flatteuse pour d’autres ouvrages – 70 titres quand même, dont  Les Lavandières de Brocéliande, la trilogie La malédiction de l’anneau et même La Grande Encyclopédie du merveilleux, qui fait référence sur le thème du fantastique – j’ai décidé de passer outre les pressentiments et de donner sa chance à ce Dernier pape.

Alors, une fois qu’on arrive au bout, qu’en est-il ? Oui, c’est vrai que la documentation (les rites, les traditions anciennes, les légendes, le Vatican…) est à tomber par terre et qu’il y a un mélange réellement artistique entre la fiction et la réalité, au point que j’ai fini par dresser une liste des éléments à vérifier, faute de postface où la part des choses pourrait être faite, comme le font d’autres auteurs  de romans de la même veine… Oui, l’ouverture (le martyre de saint Pierre) est spectaculaire… Oui, le découpage de l’action en trois journées entraîne le lecteur à tourner les pages, encore et encore… Oui, le résultat se lit très facilement…  Mais pourtant, rien n’y fait : alors que certains romans souffrent d’une consternante anémie de bonnes idées, celui-ci pèche par l’excès inverse… Les idées sont très bonnes, il y en a beaucoup, mais il y en a presque trop, en fait ! Et le « mixage » (désolée pour cette expression culinaire) est raté : le résultat est un épais coulis informe et indigeste. Un fouillis qui laisse au lecteur le sentiment d’avoir perdu son temps…

Le fond romanesque semble n’être là que pour servir de prétexte à l’étalage d’informations, au demeurant toutes très intéressantes quand elles sont prises séparément, mais que l’auteur a juxtaposées les unes derrière les autres sans réel fil conducteur. Les descriptions sont sèches parce qu’il n’en ressort rien qui puisse valablement permettre au lecteur de se forger une opinion sur l’intrigue qui se déroule sous ses yeux. C’est seulement du remplissage… Il y a déjà un bout de temps que j’ai fait mon deuil de cette règle du crime d’auteur qui voudrait que le lecteur soit à égalité avec l’enquêteur, mais j’ai détesté me trouver finalement reléguée à un rôle ingrat de spectatrice. Et le fait de partager cette passivité avec le principal protagoniste ne me console pas… Pauvre badass ! Il y a des moments où on se demande si l’auteur, absorbé par ses déballages sans queue ni tête, ne l’a pas tout bonnement oublié en cours de route. Quant au « boss de fin de jeu », c’est un cliché sur pattes, qu’on est bien obligé de suivre dans son parcours de vilenies.

Quant à l’idée phare – parce qu’il y en a une – elle a servi à forger le premier titre de ce roman sorti en Kindle en 2012 : La Prophétie de Pierre… A mon avis, un bien meilleur titre que Le Dernier Pape, même s’il faudrait m’expliquer qui on peut espérer déstabiliser en produisant une légende et un vieux morceau de parchemin tout pourri que rien ne corrobore. Quant à l’atmosphère Armageddon, on n’y croit pas une minute…

Voilà qui m’apprendra à craquer pour une 4e de couverture accrocheuse !

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