Polar ésotérique – Le mystère Napoléon, de Steve Berry

Au moment où il meurt en 1821 à Sainte-Hélène où la Coalition l’a exilé, Napoléon emporte bien des secrets avec lui : durant ses années de conquête et de pouvoir, il a eu accès à de nombreuses richesses et aussi à des archives occultes, en particulier celles du Vatican et des Chevaliers de Malte. L’ancien empereur pense à son fils, l’Aiglon, qui vit à Vienne où on lui désapprend tout ce qui faisait de lui un prince français… C’est sur les traces d’un des secrets de Napoléon, peut-être l’un des mieux gardés, que se lance Cotton Malone : pourquoi l’empereur déchu, sur le point de mourir dans son exil lointain, a-t-il demandé à un de ses fidèles de remettre à celui que ses partisans appellent Napoléon II un ouvrage consacré aux Mérovingiens ? Que peut renfermer ce livre, qui justifie des meurtres et des actes de violence presque deux siècles après la mort de Napoléon ? Quels sont ces mystérieux documents que se sont disputés l’Empereur et le comte Pozzo di Borgo, son ancien complice, devenu son ennemi juré ?

Avec une action qui entraîne le lecteur aux quatre coins de l’Hexagone, ce roman prend des allures de grand tour de France… Sans surprise, Steve Berry reprend la recette qui a fait ses preuves dans les premiers romans de la série des aventures de Cotton Malone : une énigme insondable, un personnage historique qui en jette, un héros badass et quelques mots magiques comme trésor, secret, services spéciaux, compte à rebours, le tout sur un fond d’Histoire de France qui fait très « Enigme Sacrée »… Un procédé sans surprise, et c’est bien là le problème : d’accord, quand on aime ce genre-là, c’est parfait, mais même ainsi, on peut parfois souhaiter ne pas avoir la sensation de lire toujours le même livre. A mon sens, le retraité le moins peinard de l’histoire de la littérature mérite mieux que cette condamnation au supplice de Sisyphe… Et puis il y a ce pauvre Napoléon qui joue dans la division des alibis historiques, alors qu’on l’attendait au centre des manœuvres. Je ne vais pas jeter la pierre à Steve Berry : d’autres auteurs ont fantasmé sur tout ce qu’aurait pu apprendre l’Empereur au moment où il était, dans les faits, le maître de l’Europe, et beaucoup s’en sont tenus à un alléchant effet d’annonce, sans approfondir des questions qui avaient justement attiré les passionnés. C’est un peu frustrant… Je ne suis pas vraiment déçue, mais je ne suis pas très contente non plus.

Même si la mise en place est un peu lente, Le mystère Napoléon reste néanmoins un polar de bonne tenue, avec des qualités de narration, de suspense, de développement de l’intrigue. Il y a surtout ce côté « Révélations fracassantes » qui est très plaisant, malgré tout, et qui est servi par des descriptions particulièrement efficaces. Les phases d’action sont rendues d’une manière incroyablement visuelle qui fait oublier toutes les mollesses du début. Une lecture agréable et facile, des dialogues « chocs », un rythme haletant, un chapitre final qui fait la part de la fiction et de la réalité : bref, un roman idéal pour les vacances, le soleil, les bords de mer ou de piscine.

Evidemment, le fond n’est pas toujours d’un niveau égal… Les personnages centraux – le ténébreux Cotton et son ami danois Henrik – sont toujours aussi attachants, mais les rôles secondaires sont justement si secondaires qu’ils en paraissent même un peu random : Luc Daniels, le neveu badass du Président,  n’a encore fait son entrée spectaculaire. Cela fait un peu trop de monde à la barre, du monde qu’on n’est pas triste de ne plus croiser dans les romans suivants…  Les méchants sont vraiment très méchants – c’est une règle du genre : quand on n’aime pas, on passe son chemin – mais ils ont des intérêts un peu trop envahissants par rapport au volume général du roman.

Une chose est certaine : après Le mystère Napoléon, plus personne ne peut douter de l’ardeur des sentiments de Steve Berry pour la douce France… Apparemment, ce beau pays, qu’il a arpenté avec son épouse au lendemain de leur mariage, lui a laissé des souvenirs merveilleux. Un enthousiasme que je partage.

Bref, Le mystère Napoléon n’est pas le meilleur de la série… Pas le pire non plus, cette triste palme revenant au suivant, Le Monastère oublié, pour lequel Steve Berry s’est contenté de recherches livresques, faute d’avoir pu se rendre en Chine. Un opus qui sent un peu trop le « Bob Sinclar », de François Merlin, nettement en dessous du niveau habituel et pour lequel il n’y aura pas de review. Pour les prochaines aventures de Cotton Malone, ce sera donc directement Le Code Jefferson, puis Le Secret des rois… Deux petits bijoux !

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