Polar classique – Tu m’appartiens, de Mary Higgins Clark

Vous l’aurez compris : je profite un peu des vacances de Pâques pour retourner aux sources, aux classiques, à tous ces intemporels qui fondent l’imaginaire du roman policier. Un « pèlerinage en Terre Sainte » dont Tu m’appartiens est l’une des étapes obligées…

Susan Chandler, une psychologue très médiatique, intervient régulièrement sur les ondes d’une radio new-yorkaise. Un jour, elle a l’occasion de s’intéresser au cas de Regina Clausen, qui a mystérieusement disparu après avoir débarqué d’une croisière à Hong Kong. On a seulement retrouvé dans ses affaires une bague gravée de l’inscription « Tu m’appartiens ». C’est alors que Susan, toujours aux commandes de son émission radio, reçoit les confidences d’une auditrice qui dit avoir rencontré un homme sur un bateau, un homme qui lui a fait la cour et qui lui a offert un bijou identique.  Très vite, ce témoignage en entraîne d’autres, mais le tueur était lui aussi à l’écoute… Susan, qui se lance sur la trace de cet individu inconnu et étrange, ne sait pas qu’elle est en train de raviver la folie d’un psychopathe qui n’aura désormais plus qu’une seule idée en tête : la placer tout en haut sur la liste de ses prochaines victimes.

Née le 24 décembre 1927 à New York, Mary Higgins Clark est probablement l’un des écrivains de romans policiers à suspense parmi les plus célèbres du 20e siècle. Pourtant, les nombreuses épreuves personnelles qu’elle a traversées auraient pu entraver son parcours brillant : orpheline de père à l’âge de dix ans, elle est obligée d’interrompre son cursus universitaire, entamé à 15 ans à peine, pour rechercher de l’emploi comme secrétaire. Mariée à 20 ans, veuve à 37 ans avec cinq enfants à élever, elle trouve en elle la force de suivre son étoile malgré tout, jusqu’à la parution de ses premiers succès, La Maison du guet (1975) et La Nuit du renard (1977). Une femme et un auteur dont la ténacité force l’admiration.

Avec Tu m’appartiens, édité pour la première fois en 1998, c’est au cœur d’une mécanique meurtrière implacable que l’auteur place son lecteur. Rien que du bon – et du tout bon – dans ce qui est le dix-huitième roman de la grande dame. Le titre est accrocheur – à en faire baver d’envie tous les aspirants écrivains qui peinent à se fricasser la cervelle à la recherche du saint Graal… L’intrigue originale et poignante, avec ce cycle infernal des meurtres qui se succèdent alors que la vérité paraît toujours si proche, presque à portée de main, prend réellement aux tripes : si vous réussissez à lâcher ce bouquin, c’est que vous êtes une sorte de mutant… Gages d’une lecture rapide et facilitée, les chapitres courts rendent quasiment palpables le rythme de la course poursuite engagée avec le tueur et l’angoisse qui en découle… Le suspens est maîtrisé, distillé au fil des pages de manière à rendre les lecteurs complètement accro… Le style est efficace, implacable comme le tueur… La protagoniste principale est tout simplement exceptionnelle : Susan Chandler est une femme moderne, séduisante, intelligente, agréable à vivre, qui se consacre à son travail et qui a appris à cacher ses émotions. Je viens de vous le dire : rien que du tout bon !

L’élément que j’ai le plus apprécié dans ce roman policier que je qualifierais de parfait est ce classicisme un peu désuet, mais décliné d’une manière si intéressante et discrète qu’on peut très bien passer à côté si on n’adhère pas au procédé : la possibilité pour le lecteur d’assembler lui-même les pièces du puzzle pour identifier le criminel. C’est vrai qu’il n’y a que deux candidats en lice… mais l’auteur donne du grain à moudre pour que l’on doute jusqu’à l’ultime seconde. Un plaisir rare dans le monde des polars. De même que l’adaptation magistrale en téléfilm en 2001 avec Lesley-Anne Down, impériale dans le rôle de Susan Chandler.

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