Polar ésotérique – Le Code Jefferson, de Steve Berry

Chapeau bas, si vous êtes capable de résister à ce pitch… Jugez donc !

Abraham Lincoln (1809-1865), James Garfield (1831-1881), William McKinley (1843-1901) et John Fitzgerald Kennedy (1917-1963)… Quatre présidents des Etats-Unis, quatre assassinats a priori sans rapport et pourtant… Afin de venir en aide à son ancienne patronne Stéphanie Nelle, Cotton Malone se rend aux Etats-Unis sans se douter de ce qu’il est sur le point d’y découvrir : l’existence d’une société secrète, fondée lors de la Révolution américaine, adoubée par George Washington lui-même et qui, depuis lors, n’a pas cessé ses mystérieuses activités en n’hésitant pas à se protéger par tous les moyens. A l’origine de ce secret et sans doute de l’assassinat de quatre présidents qui ont eu tort de refuser de se laisser davantage rançonner sans réagir, les pages manquantes du rapport d’une intrigante séance du Sénat, à l’aube de l’existence des Etats-Unis… Des pages précieuses, arrachées au recueil officiel, qui sont dissimulées dans un endroit dont les coordonnées sont cachées grâce au fameux et inviolable Code Jefferson.

Visuel, efficace, haletant, bien construit, avec ce mélange caractéristique de fiction et de réalité historique, servi par un procédé de va-et-vient qui est bien plus difficile à pratiquer qu’il n’y paraît – ainsi que je vous le dis pour avoir essayé de m’y frotter, avant de renoncer… Pour adopter cette figure avec laquelle jonglent des auteurs comme notre Steve Berry, ou le duo magique Giacometti et Ravenne, il faut réellement avoir plusieurs cerveaux qui tournent à plein rendement et sans pause !

Avec Le Code Jefferson, on sent que l’auteur, délaissant la description des énigmes historiques lointaines (dans lesquelles il commençait à se perdre, disons-le tout net), emprunte avec jubilation la voie qui parle à son cœur, celle des mystères des origines américaines. Au fil des pages, on ressent toute la passion que lui inspire le miracle de la naissance de la première démocratie du monde – une passion qui est à l’origine d’autres romans de la série Cotton Malone. Et même quand on n’est pas porté sur l’exaltation des valeurs américaines ou sur le culte des Pères fondateurs, on ne peut que se sentir entraîné malgré soi dans ces méandres inconnus, insoupçonnés – et pour cause, ils sont majoritairement fictifs – d’une histoire que l’on croit connaître par cœur. C’est si bien agencé qu’on pourrait presque y croire. L’illusion se forme, toujours plus consistante, de chapitre en chapitre, jusqu’au tomber de rideau après lequel Steve Berry décille ses lecteurs en révélant l’emplacement exact des limites de la vérité historique. Une postface toujours très appréciée.

D’aucuns regretteront sans doute les (trop) nombreux personnages ou les rebondissements qui s’enchaînent avec l’imprévisibilité d’une balle magique. C’est pourtant l’ambiance qu’affectionne Steve Berry… Sans surprise, dira-t-on alors. Je trouve au contraire assez agréable de retrouver certaines trames, quand elles ont fait leurs preuves, et certains personnages, principaux et secondaires : Cotton Malone, le retraité le moins peinard de l’histoire de la littérature… La belle Cassiopée Witt, une femme d’action pleine de ressources et la dame de cœur du beau Cotton… Stéphanie Nelle, qui ne sait décidément plus où donner de la tête et dont on se dit qu’elle aurait bien fait de refuser la démission de Malone… Le président Danny Daniels, qui commence la partie en jouant les cibles sur pattes. D’accord, à force, on peut se lasser, mais nous n’en sommes pas encore là. Le sujet est plaisant, l’écriture est nerveuse, le style est fluide… Et il y a un nouveau venu, Jonathan Wyatt, ancien agent Magellan et Némésis du ténébreux Malone – un personnage étonnant que Steve Berry place au centre d’une nouvelle  The Devil’s God, hélas toujours en version originale, mais peut-être est-ce le signe qu’il est temps de se remettre à l’anglais ?

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