Policier classique – Mort sur le Nil, d’Agatha Christie

Un soir, Hercule Poirot dîne dans un restaurant londonien. Sa table jouxte celle d’un jeune couple apparemment très épris, Jacqueline, dite Jackie, de Bellefort et Simon Doyle. Quelques semaines plus tard, à l’occasion d’une croisière sur le Nil, le grand détective a la surprise de retrouver Simon Doyle marié non pas Jackie, mais à une autre femme : Linnet Ridgeway, une Américaine qui est aussi l’unique héritière d’une immense fortune. S’apercevant bientôt que Jackie, visiblement folle de chagrin depuis sa rupture avec Simon, s’ingénie à croiser le chemin du jeune couple en voyage de noces en Egypte, Hercule Poirot sent la tragédie venir à grands pas et il a peur…  Car il le sait : une femme dédaignée est plus à craindre que toutes les Furies vomies par l’Enfer. Quelle vengeance la brune et jolie Jackie de Bellefort va-t-elle donc exercer contre sa rivale qui lui a ainsi soufflé son beau fiancé ? Se contentera-t-elle du rôle – terrible s’il en est – de remords vivant surgissant constamment sur la route des jeunes mariés ? C’est alors que Linnet est découverte dans sa cabine du vapeur S.S. Karnak, tuée d’une balle en pleine tête. Par qui ? Pas par Jackie en tout cas, puisque cette dernière a passé la nuit dans sa cabine, en proie à une crise nerveuse et gardée par une infirmière après une scène affreuse, une violente scène de jalousie où cours de laquelle elle a blessé Simon au genou. Immobilisé dans son lit, le jeune homme est lui aussi hors de cause. Dommage, car l’un ou l’autre de ces deux-là aurait parfaitement fait l’affaire… Parmi les autres passagers, les suspects ne manquent pas : la romancière alcoolique, la riche kleptomane, le couple fusionnel mère-fils, l’homme d’affaires véreux… Mais lequel d’entre eux a vraiment tué Linnet ? C’est ce qu’Hercule Poirot et son ami, le colonel Race vont devoir découvrir.

Le soleil est haut dans le ciel… Pas d’erreur possible : l’été est là ! Comme toujours, le retour des beaux jours signe celui de ces classiques qu’on a lus, et relus, et qu’on relira encore à la faveur de quelques moments de calme dans nos vies de fous.

Et tandis que nous profitons d’un répit bien mérité, ayons une pensée pour le pauvre Poirot… Même en vacances, il travaille… Le motif est récurrent, et, en vérité, il y a bien longtemps que plus personne ne plaint le distingué détective aux belles moustaches lorsqu’une enquête lui tombe dessus. L’histoire de ce roman est archi-connue. Il s’agit probablement l’un des romans préférés du public dans toute l’œuvre d’Agatha Christie. Les excellentes adaptations au cinéma et à la télévision de ce huis clos atypique et suffocant n’y sont pas pour rien. J’en parle d’expérience, puisque je suis de ces fans qui ont vu Hercule Poirot prendre chair et vie sous les traits de Peter Ustinov dans le film de 1978, un film qui n’a pas pris une ride, un film à l’affiche magnifique – Bette Davis, Maggie Smith, Mia Farrow, Jane Birkin, Angela Lansbury, David Niven, Simon McCorkindale… Que du beau monde ! Que dire de ces décors grandioses qui rappellent à chaque prise de vue que la reine du crime a passé plusieurs années de sa vie à arpenter le monde avec son mari archéologue… Ecrit en 1937, le livre semble lui aussi défier les ans. Comme tous les romans de la dame, c’est une lecture idéale pour les vacances – et peut-être celui-ci encore davantage, par l’évocation de lieux chargés d’histoire et baignés de soleil. Dépaysement garanti !

Dès les premières pages, la magie opère… Les machinations diaboliques s’enchevêtrent, les suspects se multiplient et bientôt, de rebondissement en rebondissement, on ne sait plus à quel saint se vouer. C’est une intrigue comme on n’en fait plus, et pourtant, je n’aime pas particulièrement dire que c’était mieux avant. Si vous êtes comme moi de ces lecteurs qui se coupent en quatre pour réussir à deviner la fin avant la fin, vous aurez fort à faire, à identifier LE coupable parmi un panel très fourni de candidats au meurtre. Dans d’autres romans, on se retrouve à gratter comme des malheureux pour trouver une seule tête-de-pipe encore debout après que le détective a établi les alibis. Incroyable talent de la reine du Crime… Et toujours, le même plaisir de lire !

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