Polar ésotérique – L’ombre des Templiers, de William Dietrich

1802, château de Malmaison. Passionné d’ésotérisme, le Premier consul Bonaparte est intrigué par une bague que l’un de ses officiers a rapportée des îles Ioniennes. Cet anneau, que l’on pense avoir été façonné par les Templiers, est gravé du mot « Thira » – ce qui correspond à l’île de Santorin – et représente un tombeau ouvert. Son ministre de la Police, Joseph Fouché, l’ayant informé qu’une mystérieuse confrérie de francs-maçons rassemble à Paris des informations sur Thira, Napoléon organise une expédition sur l’île qui se trouve aux mains des Ottomans, afin d’élucider ce mystère séculaire. Qui dit trésor mystérieux – une arme fantastique qui pourrait assurer la suprématie des mers à l’armée qui la possèderait – dit forcément… Ethan Gage ! C’est pourtant contraint et forcé que l’Américain inventif prend la tête de la petite troupe, composée du zoologue français Georges Cuvier, du géologue anglais William Smith et de l’inventeur américain Robert Fulton. Bientôt, dans la cryptes d’une des églises de Santorin, les quatre hommes vont être confrontés à une énigme étonnante qui va les mettre sur la piste de l’un des secrets les mieux gardés des Templiers.

Et comme d’habitude, William Dietrich fait la part belle à Napoléon qu’il présente à Malmaison sous un jour insolite, mais absolument exact :

« Nous quittâmes la demeure par des portes vitrées et empruntâmes un petit chemin qui menait à un étang alimenté par un ruisseau. Les papillons voletaient dans ce coin de paradis imaginé par Joséphine, les moutons faisaient en sorte que l’herbe ne pousse pas plus haut que nécessaire, et des paons se pavanaient fièrement. Nous allions atteindre le petit lac quand nous entendîmes un coup de feu.

« Napoléoooon ! » hurla une femme depuis une fenêtre de la bâtisse que nous venions de quitter.

Un deuxième coup de feu en guise de réponse.

Nous franchîmes une rangée d’arbres pour tomber sur un groupe d’une dizaine de conseillers, officiers et gardiens – preuve que les grands de ce monde sont rarement seuls. Un serviteur rechargeait un fusil pendant que Napoléon en épaulait un autre. Il visait des cygnes qui nageaient de l’autre côté de la mare, visiblement peu rassurés.

« Je fais exprès de manquer, expliqua-t-il aux autres, mais je ne peux m’empêcher de taquiner Joséphine ».

Il visa et fit feu. La balle disparut dans l’eau à plusieurs mètres des volatiles. Les cygnes paniqués s’envolèrent à nouveau dans une explosion de plumes.

Joséphine poussa un nouveau hurlement ulcéré à l’intention de son mari.

« Il y a de la merde de cygne partout ! se justifia Napoléon. Elle en a trop ».

Avec une telle entrée en matière, on ne peut douter une minute du caractère fascinant de la mission confiée par le nouvel homme fort de la France… Se lancer sur la piste des Templiers, dans ce qui fut l’un de leurs refuges en Méditerranée, voilà qui est fort alléchant ! A nouveau, on peut déplorer le côté très « porte-monstre-trésor » de cette intrigue pourtant bien plus creusée qu’il n’y paraît : pour aboutir à ce résultat, l’auteur a dû mener des recherches poussées, même s’il tord légèrement (très légèrement !) la réalité historique pour qu’elle s’accorde aux nombreux développements et rebondissements de cette histoire à la Indiana Jones, à la manière napoléonienne. Des méchants bien méchants (amis des esclavagistes de Méditerranée, adeptes de la torture, un peu caricaturaux, mais brutaux et cruels à souhait), des amis et alliés pleins de ressources qui cultivent l’art d’arriver au bon moment, et ce héros ! Que dire de lui, sinon qu’il tient davantage de l’aventurier aux neufs vies, comme les chats, que du scientifique ou du diplomate qu’il voudrait être… Mais il évolue, ce bon Ethan, et en bien : pour une fois que l’auteur d’une série consent à écorner un peu le personnage idéal des grandes chevauchées fantastiques en l’affublant d’une vraie humanité et d’une évolution tangible, cela fait du bien ! A nouveau, l’Américain retrouve son grand amour, la belle Astiza, et avec elle… mais, chut ! Alerte au « spoil » !

Un roman divertissant, bien construit, très (trop ?) rythmé, ponctué de descriptions savoureuses (comme celle du Palais-Royal, véritable Las Vegas parisien), avec une trame mystérieuse tout à fait dans le goût des passionnés d’Histoire antique, dont je suis… Bref, une lecture idéale pour l’été

Mais comme il semble que cela devient récurrent chez moi, il est impossible de conclure cette chronique sans signaler que L’ombre des Templiers n’est pas le 3e roman de la série Ethan Gage, mais le 4e après La piste des Templiers. « Yapluka » trouver le chaînon manquant… Quand le pli est pris…

2 commentaires sur “Polar ésotérique – L’ombre des Templiers, de William Dietrich

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