Polar classique – Le Testament de Sherlock Holmes, de Bob Garcia

Un roman qui commence par une dédicace à Jeremy Brett, qui incarna si parfaitement le limier de Baker Street pendant tant d’années…  C’est forcément un livre pour moi !

« La terrible nouvelle était tombée pendant la nuit. D’épais nuages noirs endeuillaient Londres. La mort de Sherlock Holmes était entourée de mystère. Le grand détective s’était retiré à la campagne au terme de sa dernière enquête. Il vivait en reclus, refusant toute visite et se livrant à des expériences qui défrayaient la chronique. Sa dernière enquête lui avait coûté sa réputation, sa dernière expérience lui coûta la vie… Je savais bien, moi, John H. Watson, son biographe et fidèle ami, que Sherlock Holmes avait définitivement tiré sa révérence. D’ailleurs, il avait quitté le monde de la logique humaine depuis bien longtemps… » Mais Sherlock Holmes a réservé une dernière surprise à son fidèle compagnon. Le docteur Watson est convoqué le lendemain chez le notaire, en compagnie de l’inspecteur Lestrade, de Scotland Yard, et de Mycroft Holmes, le frère de Sherlock, pour la lecture de son testament : un document de plusieurs centaines de pages ! Empruntant les mots de son ami Watson, dont il avait confisqué le dernier manuscrit, Sherlock Holmes y retrace  cette ultime et si douloureuse enquête, celle qui le confronta à une série de crimes particulièrement horribles et non résolus, qui dépassèrent en sauvagerie tout ce qu’il avait connu jusqu’alors. Confronté à un tueur en série machiavélique, qui opère toujours avec un  temps d’avance au point de sembler appartenir au monde surnaturel, Holmes va tenter de résoudre le mystère post mortem… Un défi pour lequel il avait besoin de la présence et de l’attention de son ami et biographe, de son frère et de l’inévitable Lestrade.

Du lourd, du très lourd ! Le Testament de Sherlock Holmes est davantage qu’un simple pastiche. Ou alors, comme c’est le cas pour les deux excellents romans d’Anthony Horowitz recensés sur ce blog (La Maison de Soie et Moriarty), c’est un pastiche de très haut niveau. Les personnages y prennent vie avec une efficacité troublante : j’étais si absorbée dès les premières pages que j’aurais juré, si je n’avais pas connu le nom de l’auteur, qu’il s’agissait d’un authentique Conan Doyle. La description des faits y est incroyable de réalisme au point que j’ai dû interrompre ma lecture à plusieurs reprises. A déconseiller donc aux âmes sensibles… L’atmosphère angoissante qui préside aux crimes du Diable – puisque c’est ainsi que les victimes survivantes pour quelques minutes au terme d’une agonie épouvantable décrivent leur meurtrier – suinte littéralement des pages de ce thriller brillamment mené. L’horreur est palpable, les nombreux rebondissements savamment orchestrés, et bien malin celui – ou celle – qui pourra démasquer le mystérieux criminel avant la dernière page…

Et pourtant, son nom est cité en toutes lettres au fil des pages, à plusieurs reprises, et, cerise sur le gâteau, le coupable pousse l’outrecuidance jusqu’à s’incriminer lui-même ! Mais je vais éviter de jouer les détectives géniales, parce que cette pirouette, que je salue, m’a complètement échappé. Et lorsque le détail qui tue est sorti, j’ai eu beau me fricasser la cervelle dans tous les sens, je n’ai jamais pu remettre un nom  sur le personnage  qui avait fait cette déclaration imprudente. Un petit clin d’œil  aux 20 règles du crime d’auteur, que chérissait Stanislas-André Steeman qui allait jusqu’à défier son lecteur. Tout cela est si stimulant ! Il faudra que je m’y essaie, un jour ou l’autre…

Un petit détail qui me chagrine un peu, même si c’est idiot : je pensais que le prénom de Lestrade était Gareth et non Balthazar. Un peu trop royal à mon goût, mais peut-être Conan Doyle évoque-t-il ce prénom dans les nouvelles et les romans du « canon ». Un truc à vérifier, sans urgence, mais quand même : je sais que cela me turlupinera jusqu’à ce que je trouve.

Et la question finale reste en suspens : en fin de compte, Sherlock Holmes est-il bien mort ? Moi, je dis que non… et vous ?

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