Polar classique – Un corbeau au presbytère, de Caroline Graham

Au Vieux Presbytère, Lionel Lawrence, ex-pasteur aux idées larges mais fumeuses, accueille régulièrement sous son toit de jeunes délinquants que sa femme Ann tolère par soumission et apathie. Mais un jour, Carlotta, la pensionnaire du moment, disparaît dans la rivière après une grave dispute avec son hôtesse. Témoin de hasard, le vieux Charlie Leathers saute sur l’occasion pour adresser une lettre anonyme à Ann et la faire chanter. Cette dernière, désemparée, consent à le payer. Mais on retrouve bientôt le cadavre du corbeau dans un bois. La disparition de Carlotta, la mort de Charlie, une étrange tentative de meurtre sur Ann… Les événements se précipitent à Ferne Basset, un petit village anglais traditionnel et bien tranquille. C’est à l’inspecteur Barnaby et à son fidèle adjoint le sergent Troy qu’échoit la mission d’éclaircir ces ténébreuses affaires. D’autant qu’un autre protégé du pasteur, le sinistre et inquiétant Terry Jackson, semble être le coupable idéal.

Voilà une enquête passionnante, de bout en bout, que l’on suit avec d’autant plus de plaisir qu’elle fait la place belle à cet humour anglais qui imprègne si bien la série télévisée inspirée des romans de Caroline Graham. Mais ici, pour les fans de l’inspecteur chef des Midsomer Murders, c’est une histoire qui n’a pas été portée à l’écran… Du tout bon, du croustillant, du Barnaby ! So british jusqu’au point final.

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L’intrigue est ficelée avec un art consommé : les lecteurs sont immédiatement projetés au cœur d’un drame dont ils ne perçoivent pas encore les contours. C’est avec  les avancées de l’enquête, les rebondissements, les petites médiocrités auxquelles s’affairent les habitants de ce village à l’apparence si tranquille que ces contours vont se préciser, petit à petit, dans une atmosphère suffocante. Tout est si criant de réalisme et de profondeur qu’on s’y croirait… L’auteur a conféré à tous ses personnages une réelle épaisseur, hauts en couleur sous toutes les coutures, même lorsqu’ils ne tiennent qu’un petit rôle : la psychologie, les faits et gestes, et même l’apparence physique. Quant au cadre, c’est le village anglais typique, comme Agatha Christie les aimait. Du grand art, au petit point, jusque dans les moindres détails. Efficace, distrayant, culte !

Une seule question n’est pas résolue par Barnaby au terme de cette enquête qui restera dans les annales : pourquoi la télévision ne s’en est-elle pas emparée ? Si vous avez des suggestions…

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