Polar classique – Le crime de Julian Wells, de Thomas H. Cook

Philip Anders, critique littéraire, s’interroge : pourquoi son ami l’écrivain Julian Wells s’est-il tranché les veines dans une barque, au milieu de l’étang de sa propriété des Hamptons ? Le suicide est irréfutable, ses raisons impénétrables. En enquêtant sur leur passé commun – un voyage en Argentine du temps de la dictature militaire, au cours duquel leur jolie guide Marisol avait disparu – mais aussi sur l’œuvre de Julian, hantée par des tueurs aussi abominables qu’Erzsébet Bathory, la Comtesse sanglante, Anders est confronté à la part d’ombre de celui qu’il admirait tant. Et si ce suicide n’était pas le seul crime de Julian Wells ?

« Une toile d’une ambiguïté insoutenable », annonce la quatrième de couverture. Les termes sont exacts pour qualifier ce roman à l’atmosphère suffocante, subtile et troublante. Les chemins de la mémoire sont parfois bien plus tordus qu’on ne le croit : les mensonges entre amis, les non-dits, les choses qu’on a vues sans en tirer toutes les conclusions, parce qu’à l’époque c’était impensable… jusqu’au jour où la lumière se fait, malgré tout, au cœur des ténèbres les plus impénétrables.

Il n’y a rien de plus naturel que de s’interroger sur la disparition d’un proche, surtout quand elle survient de manière aussi brutale. Une dépression, un suicide… et puis ? A quelle époque le destin de Julian Wells, un jeune homme à la personnalité solaire qui avait tout pour réussir dans la vie, a-t-il basculé ? Et surtout pourquoi ? Pourquoi cette fascination pour les histoires macabres, pour les tueurs en série les plus abjects ? Pourquoi ce parti pris d’entrer le plus loin possible dans l’univers délirant de ces êtres maléfiques ? Que cherchait Julian Wells en se torturant ainsi ? Car, en vérité, même s’ils exsudaient le talent, les romans de Wells n’avaient jamais fait son bonheur… C’était comme si une vérité épouvantable cherchait à toute force à sortir de lui et n’avait trouvé que ce moyen de s’exprimer. Un nom revient à la conscience de Philip, le narrateur, l’enquêteur et aussi le meilleur ami de Julian : Marisol, la jeune guide touristique disparue dans des circonstances jamais établies, en dépit des efforts de Julian… Est-ce que c’est elle, la « faute originelle » de Julian Wells ? Quelle responsabilité le jeune homme porte-t-il dans la disparition et sans doute la mort de Marisol ? Que s’est-il vraiment passé en Argentine, lors de ce voyage qui devait simplement permettre aux deux jeunes gens de « prendre pied » dans la vie active ?

Un roman envoûtant à lire de toute urgence !

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