Roman historique – Les Trois Mousquetaires, d’Alexandre Dumas

L’histoire commence un lundi du mois d’avril 1625, à Meung. Le jeune d’Artagnan monte à Paris pour entrer dans la compagnie des mousquetaires du roi Louis XIII lorsqu’il est abordé et humilié par deux inconnus, le comte de Rochefort et Milady de Winter, qui sont des agents du cardinal de Richelieu. Rochefort dérobe à d’Artagnan la lettre que le père du jeune homme avait écrite à l’intention du capitaine des mousquetaires, Monsieur de Tréville. Arrivé à Paris, d’Artagnan rencontre le capitaine qui ne peut rien lui promettre dans l’immédiat et alors que le jeune aspirant s’en retourne, à la recherche d’un gîte, d’Artagnan voit Rochefort. C’est en voulant le rattraper qu’il provoque, malgré lui, les trois mousquetaires en duel : Athos après avoir heurté son épaule blessée, Porthos en rabattant son manteau et Aramis en ramassant un mouchoir de dame.

Et voilà le célèbre début du plus célèbre roman d’Alexandre Dumas… Les développements et rebondissements ne sont pas moins connus : le début de l’amitié à la suite du triple duel, l’affaire des ferrets de diamant de la reine Anne, le siège de La Rochelle et la fin de Milady de Winter. Nous y avons tous notre passage préféré. Et cette fameuse devise apocryphe : « Un pour tous et tous pour un ! »… Un vrai morceau de bravoure ! Ce devait être quelque chose de le suivre en feuilleton, entre mars et juillet 1844 ! Une véritable fresque historique avec deux suites, Vingt ans après (1845) et Le Vicomte de Bragelonne (1847)… Un must pour tous les férus d’Histoire et d’histoires.

Le contexte historique tout droit issu de la première partie des Mémoires du duc de La Rochefoucauld s’appuie sur l’hostilité qui existait bel et bien entre la Reine Anne et le cardinal de Richelieu, et l’auteur brode par-dessus une espèce d’affrontement tacite entre le même cardinal, génie machiavélique et retors, et le jeune roi Louis XIII, inexpérimenté et bien obligé de s’adjoindre les services de son redoutable ministre. Alexandre Dumas mêle d’autres personnages historiques à ce terreau fertile : le duc de Buckingham, favori du roi Charles 1er d’Angleterre ; l’intrigante et entremetteuse Madame de Chevreuse, que Dumas recyclera par la suite (en faisant d’elle la mère de Raoul de Bragelonne) ; et naturellement d’Artagnan – Charles de Batz de Castelmore d’Artagnan – autre grande source d’inspiration que Dumas « tord » un peu pour le faire entrer dans son intrigue (le d’Artagnan historique n’ayant que 14 ans en 1625).

Une question taraude les lecteurs depuis le milieu du 19e siècle : pourquoi Les Trois Mousquetaires, alors qu’ils sont quatre ? Pour des raisons éditoriales, sans plus… Mais comme cela sonnait bien, Dumas a accepté ce titre – et l’absurdité qu’il traîne.

L’engouement pour Les Trois Mousquetaires et l’univers que Dumas a créé est toujours bien réel, presque 200 ans après la première parution : de la lecture fervente à l’interprétation des différents épisodes, en passant par le portage télévisuel ou cinématographique et le pastiche littéraire.

Un excellent livre pour aller plus loin : Simone Bertière, Dumas et les « Mousquetaires » : histoire d’un chef-d’œuvre

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