Polar ésotérique – Le dernier Caton, de Matilde Asensi

Jamais la sœur Ottavia Salina, paléographe aux Archives secrètes du Vatican, n’aurait pu imaginer à quel point sa vie serait bouleversée lorsqu’elle accepta l’étrange mission confiée par ses supérieurs : découvrir le sens des mystérieuses inscriptions présentes sur le cadavre d’un Ethiopien. Ce dernier est soupçonné du vol des reliques de la vraie Croix, la sainte Croix, celle du Christ. Seuls indices, sept lettres grecques, sept croix distinctes, et un nom : Caton… que l’on retrouve dans La Divine Comédie de Dante ! Et plus précisément dans son Purgatoire, consacré à l’expiation des sept péchés capitaux. Avec l’œuvre du poète italien pour guide, Ottavia et ses deux compagnons de recherche, le professeur égyptien Farag Boswell et le capitaine des Gardes Suisses Kaspar Glauser-Roïst, découvriront une obscure et puissante confrérie religieuse, séculaire et clandestine, aux agissements surprenants.

Amis amateurs de polars ésotériques et historiques (le roman est à la limite de ces deux genres), faites vos bagages, parce que vous allez en voir, du pays ! Après quelques galops d’essai – la transcription et la lecture des scarifications présentes sur le corps de la victime, une petite enquête pour rire de la part de la religieuse frondeuse pour découvrir l’identité du jeune homme, le vol rocambolesque d’un manuscrit du 4e siècle au monastère Sainte-Catherine du Sinaï et la lecture de ce manuscrit qu’il était grand temps de restaurer – l’auteur emmène ses lecteurs faire la tournée des grands-ducs de la Méditerranée mystérieuse, avec un talent certain pour les descriptions (un talent qui donne envie d’aller visiter toutes ces merveilles – il faut bien dire les choses). On commence par Sainte-Lucie de Syracuse, sous laquelle se trouverait l’entrée du Purgatoire. Et on enchaîne avec les villes dans lesquelles devraient être expiés les sept péchés capitaux pour tous les candidats qui voudraient entrer dans cette étrange et très ancienne confrérie des stavrophilakes – les gardiens de la Croix – que dirige un chef qui depuis le 4e siècle se fait appeler Caton, en référence à Caton d’Utique, l’historique opposant à César. Alors, dans l’ordre, il y a Rome pour l’orgueil, Ravenne pour l’envie, Jérusalem pour la colère, Athènes pour la paresse, Constantinople pour l’avarice, Alexandrie pour la gourmandise et Antioche pour la luxure. Car notre trio d’enquêteurs n’a pas le choix : pour mettre la main sur ces insaisissables stavrophilakes, il faut accomplir tout le rituel et subir les scarifications qui couronnent chaque étape. A l’origine, la confrérie avait été créée pour garder le dépôt fait par Hélène, mère de l’empereur Constantin, qui aurait découvert la relique de la vraie Croix. L’Histoire a placé le groupe dans des situations inconfortables et même intenables, au point de presque le faire disparaître. Mais il s’est reformé et il poursuit à présent un but difficile à cerner. En effet, partout dans le monde, les lieux qui conservent des fragments de la relique sont cambriolés et les dépôts volés. Pour quoi faire ? En voilà une bonne question…

Un terreau fertile, une confrérie d’inspiration historique, des lieux magnifiques… Tout ce qu’il faut pour se laisser embarquer, même si les moments d’aventure – le franchissement des épreuves – sont un peu répétitifs. La religieuse (qui ne l’est plus à la fin de l’histoire), le professeur égyptien aux yeux bleus et le Big Jim entrent dans un souterrain, un labyrinthe, un dédale, un ancien temple, une crypte cachée…, ils y frôlent la mort, ils se font un peu de lecture (Big Jim a emporté La Divine Comédie de Dante dans son sac à dos), et hop, ils trouvent la solution avant d’être mis KO par les stavrophilakes qui veillent au grain et qui surveillent en fait l’accomplissement des rituels. C’est un peu porte-monstre-trésor, mais c’est plaisant. Les personnages sont relativement attachants, même si j’avoue ne pas avoir souscrit tout de suite à cette idée d’une héroïne religieuse en jupe crapahutant dans les souterrains. Mais, ô soulagement, elle finit par acheter un pantalon… Ottavia a un certain background, parfois un peu incompréhensible (quelle femme se ferait religieuse parce que sa maman lui a dit, quand elle était enfant, qu’elle ne pourrait pas s’accommoder d’un mari ?), Farag Boswell est intéressant malgré son côté un peu tombeur (qu’est-ce qu’il est beau !… ça, si vous ne l’avez pas compris à la 20e fois qu’Ottavia le remarque, c’est que vous ne comprendrez plus jamais rien du tout), et Kaspar Glauser-Roïst est très convaincant en Big Jim super badass… Sacré Kaspar ! Il y avait quelque chose à tirer de ce gars-là et, à ma plus grande joie, l’auteur l’a bien compris. Car Le dernier Caton est suivi d’un autre roman, à lire très bientôt, Le retour de Caton.

Pour une fois que je commence une série par le premier volume !

La couverture du broché, que j’ai lu, vaut le détour – davantage que la couverture du format poche que l’on trouve plus facilement… Jugez-en donc par vous-même :

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