Policier classique – Un, deux, trois, d’Agatha Christie

C’est dit : Hercule Poirot est définitivement un être humain. La preuve ? Il a une peur bleue de son dentiste, le gentil et très efficace docteur Morley, ce qui le place dans une position de faiblesse. Ce matin-là, ce n’est pas une partie de plaisir qui attend le détective belge : trois plombages, rien que ça… Mais Hercule Poirot a à peine le temps de se remettre de cette effroyable séance de torture que l’inspecteur Japp lui téléphone pour lui annoncer la mort de Morley. Pendant un moment, il semble que le dentiste a pu se suicider après une tragique erreur dans le dosage de l’anesthésiant et la mort d’un de ses patients du même jour.  Mais Hercule Poirot dépasse les apparences : Mabelle Sainsbury Seale, une autre patiente de Morley, a disparu, et parmi les patients ayant reçu des soins ce jour-là, il y avait Alistair Blunt, financier et homme politique connu et respecté. N’y a-t-il pas quelqu’un, parmi les radicaux de tout poil, qui aurait intérêt à attenter à la vie de Blunt afin de déstabiliser le pays ?

Un, deux, trois (One, Two, Buckle my shoe) a été publié en 1940 en Grande-Bretagne et en 1948 en France : c’est une des enquêtes d’Hercule Poirot qui s’y trouve d’entrée de jeu au cœur de l’intrigue. Ce roman, qui mêle habilement le roman d’énigme classique et le roman d’espionnage, n’est pas le favori des admirateurs de la Dame de Torquay. En cause, les techniques du roman d’espionnage que la Reine du Crime maîtrisait moins bien que son registre «habituel» (Quel vilain mot ! L’habitude de créer de bons romans policiers, c’est une bonne habitude… et même une excellente habitude!) et les ramifications un peu poussives qui s’ensuivent. Par contre, la technique du Nursery rhyme (la comptine) lui était déjà bien connue puisqu’elle l’avait appliquée un an plus tôt dans son fameux Dix petits nègres (publié en Grande-Bretagne en 1939, en France en 1940)… Une technique diabolique qui fait mouche à tous les coups !

Parce que oui, Un, deux, trois est un roman très réussi, au dénouement spectaculaire et imparable qu’on ne voit pas venir. Même si certains personnages sont moins construits que les autres (ceux qui se rattachent au registre de l’espionnage), le suspense est superbe et le rythme soutenu. C’est un roman atypique loin du huis clos qu’affectionnait la grande dame, un roman grand public, qu’on lit et qu’on relit avec plaisir, porté à l’écran en 1992 dans la série Hercule Poirot d’ITV avec David Suchet (une adaptation qui supprime certains personnages : le valet George ; le docteur Reilly, associé de Morley, et son patient Howard Raikes ; M. Barnes, patient de Morley, et enfin M. Selby, secrétaire d’Alistair Blunt, fusionné avec Helen Montressor, qui est une parente pauvre de Blunt dans le roman).

Une valeur sûre !

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