Autobiographie – Je devais être impératrice, par la princesse Stéphanie de Belgique

Deuxième fille de Léopold II et de la reine Marie-Henriette, la princesse Stéphanie naquit à Laeken le 21 mai 1864. Comme sa sœur Louise et son frère Léopold, elle fut élevée à la dure. Mariée à 16 ans (1881) au prince héritier Rodolphe de Habsbourg – à qui elle donna une fille Elisabeth-Marie en 1883 – elle se sentit très vite écartée de la vie de son mari, voire de celle de la famille impériale d’Autriche-Hongrie. En fait, au cours des dernières années de sa vie, l’archiduc Rodolphe multiplia les liaisons fugitives et les beuveries. Il était dégoûté de tout et, en particulier, de la vie de la cour. Il devint de plus en plus instable de caractère et crut trouver un certain apaisement dans sa liaison avec la jeune Marie Vetsera. Le 30 janvier 1889 à Mayerling, on découvrit les corps de Rodolphe et Marie, tous deux tués par balles. Le mystère plane toujours sur les circonstances de ces deux morts brutales.

L’histoire de Stéphanie, c’est l’histoire d’une princesse héritière qui n’hérita jamais de rien… L’histoire d’une jeune fille dont on repoussa le mariage parce qu’elle n’était pas nubile, ce qui donna à la cour d’Autriche l’occasion de railler cruellement, avant même sa première apparition à la cour, celle qui n’était encore « ni chair ni poisson »… L’histoire triste d’une femme qui fut très seule toute sa vie. A l’heure où les cours d’Europe ne présentent plus aujourd’hui que les visages souriants des conjoints et conjointes choisis par amour, sans tenir compte du rang, ce récit autobiographique – qu’il convient de prendre avec les précautions d’usage – montre le désastre quotidien et ordinaire qui découlait des unions dynastiques du 19e siècle.

Les mémoires de la princesse Stéphanie sont indispensables à qui veut connaître la vie quotidienne à la cour de Bruxelles et à celle de la Hofburg où François-Joseph survécut à tous les événements et aux décès des membres de sa famille : la mort de son fils Rodolphe en 1889, l’assassinat de son épouse Elisabeth dite « Sissi » et aussi l’assassinat de son neveu François-Ferdinand le 28 juin 1914 – un événement que l’on présente sinon comme l’origine de la Première guerre mondiale, du moins comme l’étincelle qui mit le feu aux poudres. Les mémoires de Stéphanie constituent aussi une source précieuse, une vision de l’intérieur pour rétablir une vérité souvent camouflée par les historiens autrichiens qui n’ont souvent qu’indulgence et compréhension pour l’archiduc Rodolphe dont ils gomment volontiers la vie dissolue et le caractère instable.

La version française de Je devais être impératrice parut à Bruxelles en 1937, à la célèbre librairie Dewit qui était établie sur la Grand-Place. Epuisée en quelques années seulement, elle connaît une réédition en 1997.

Quelques livres pour aller plus loin :

Célia Bertin, Mayerling ou la tragédie des Wittelsbach

Irmagard Schiel, Stéphanie, princesse héritière dans l’ombre de Mayerling

Jean des Cars, Rodolphe et les secrets de Mayerling

L’autobiographie de Louise, sœur aînée de Stéphanie : Autour des trônes que j’ai vus tomber

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