Policier classique – Pension Vanilos, d’Agatha Christie

Voilà une histoire bien légère, du genre de celle qui donne l’impression qu’on a dérangé un spécialiste pour une simple grippe… Hercule Poirot, le grand Hercule Poirot, mène l’enquête dans une pension de famille peuplée de jeunes adultes, étudiants ou au début de leur carrière respective. C’est qu’à la Pension Vanilos, tout disparaît : les objets les plus divers du quotidien, propriétés des uns et des autres ou équipements communautaires… Un soulier de bal, un bracelet, un rouge à lèvres, une bague, un briquet, un stéthoscope, un vieux pantalon, une écharpe, un sac à dos, un livre de cuisine et même des ampoules électriques ! Ce ne sont que de menus larcins, des petits actes insignifiants, sans conséquence, sauf que l’ambiance de ce lieu de vie qui se voudrait convivial et presque familial s’en ressent durement. Ce sont là des recherches qui pourraient prêter à sourire, et pourtant Hercule Poirot s’y investit sans compter : sa curiosité est piquée par cette suite de méfaits bizarres, apparemment sans rapport entre eux. Mais alors que l’enquête commence, les choses se gâtent… Ou plutôt, elles deviennent intéressantes !

Hickory Dickory Dock, de son titre original, est sorti en Grande-Bretagne en octobre 1955 et l’année suivante en France sous un titre intrigant que le fondateur et directeur de la collection Le Masque avait choisi pour rabattre le caquet d’un grincheux qui portait le nom de l’un des personnages du roman. Eh oui, il y en a toujours eu, des gens comme ça… C’est le premier roman dans lequel Miss Lemon, l’inoxydable secrétaire du grand Poirot, apparaît dans un rôle plus fourni : on y apprend son joli prénom – Felicity – et aussi qu’elle a une sœur, Mrs Hubbard, qui dirige la pension où il se déroule des choses étonnantes.

L’univers peuplé des personnages typés qu’affectionnait la Dame de Torquay est un classique parmi les classiques du roman à énigme : la pension de famille, qui est le lieu de prédilection du huis-clos, le lieu de toutes les cachotteries, de tous les complots, des atmosphères les plus suffocantes, et aussi la retraite des tueurs les plus chevronnés. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un coup d’œil au monument de la littérature policière qu’est L’assassin habite au 21, de Stanislas-André Steeman, paru en 1939… Et en plus, c’est du belge ! What else ?

Le concept de l’arbre qui cache la forêt est ici particulièrement bien servi puisque le mobile des larcins et des trois meurtres commis ensuite à la Pension Vanilos est tout à fait inattendu et insoupçonnable au début de l’affaire… Qui voudrait croire qu’autant de vilenie puisse se cacher sous les traits de l’un de ces jeunes adultes si sympathiques ?

Deux adaptations à voir absolument : dans la série Hercule Poirot avec David Suchet, et aussi l’étonnant opus des Petits Meurtres d’Agatha Christie, avec Samuel Labarthe, Blandine Bellavoir et Elodie Frenck.

En cette radieuse fin du mois de mai, nous avons le ciel, le soleil, pas encore la mer (bientôt, j’espère), mais au moins il y a Agatha Christie, la pointure, la référence tous terrains des belles journées… Des classiques à lire, à relire et à relire encore, avec tout ce qui fait le charme du genre, le petit air de Cluedo et le côté rétro… Pension Vanilos est du nombre !

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