Histoire – Les deux régentes Marie de Médicis et Anne d’Autriche, de Simone Bertière

Quel était le sort réservé aux reines dans l’ancienne France ? Deux femmes vont marquer la première moitié du XVIIe siècle : Marie de Médicis et Anne d’Autriche. Toutes deux sont appelées à jouer un rôle politique considérable, puisque respectivement mères de Louis XIII et de Louis XIV, elles sont désignées pour assurer la régence pendant la minorité du roi de France. Les mêmes devoirs, les mêmes épreuves les attendent. Aidées par de grands ministres, Richelieu et Mazarin, la belle-mère et la belle-fille tour à tour rivales et alliées face à l’insaisissable Louis XIII, chacune réagit selon son caractère dans des drames domestiques où se joue en même temps l’avenir de la France. Après l’assassinat d’Henri IV, Marie de Médicis doit gérer un pays qui sort tout juste de plusieurs décennies de guerres de religion, tandis qu’Anne d’Autriche doit affronter, pour conserver le trône de son fils, la terrible épreuve de la Fronde.

C’est le premier volume de la série consacrée aux reines de France au temps des Bourbons – et le dernier que je présente sur mon blog, ne cherchez pas la logique : il n’y en pas, ou alors elle est blonde. Franchement, c’est du lourd, comme toujours avec Simone Bertière : c’est documenté, c’est dense, c’est merveilleusement écrit… Une monographie qui se lit comme un roman : encore une dans le chef de la truculente et pétillante historienne. Je ne sais pas pour vous, mais les petits bouts d’interview intercalés dans Secrets d’Histoire me semblent toujours plus savoureux quand c’est elle qui parle – et cela même si tous les chroniqueurs sont excellentissimes.

Il s’agit ici d’une biographie double, celle d’une belle-mère et de sa bru, deux reines de France confrontées à des histoires qui se rejoignent et s’écartent continuellement. Epousées toutes deux par raison d’Etat, comme c’était presque toujours le cas pour les mariages royaux, elles perdent toutes les deux leur époux respectif alors que le successeur n’est qu’un enfant. Mais contrairement à Marie de Médicis, Anne d’Autriche a passionnément aimé ses enfants, deux enfants du miracle qu’elle a mis au monde alors que plus personne n’y croyait : Louis le Dieudonné et son frère Philippe sont la raison de vivre de cette reine qui avait bien compris que son destin était indissociable de celui de ses fils. Toutes les deux ont choisi un favori pour les seconder dans la tâche écrasante que représente une régence dans une France déchirée par les luttes intestines, mais chez Anne d’Autriche prévaut toujours l’intérêt supérieur de ses enfants et surtout de son aîné, le roi. Une reine qui se révèle être une femme de tête, une tête politique alors que tous croyaient qu’elle n’était qu’une tête folle… En sommes-nous sortis, au 21e siècle, de cette image de la sotte qui donne bêtement ses ferrets de diamants au duc de Buckingham ? En sortirons-nous jamais ? Ce n’est pas certain. Mais si Anne d’Autriche a montré un caractère que personne n’avait pressenti, ne peut-on pas dire qu’elle l’a développé en partie et aiguisé au contact de sa belle-mère, l’ambitieuse Marie de Médicis ?

Chers amis, en maraude à la bibliothèque ou à la librairie, votre main tombe-t-elle sur un ouvrage de Simone Bertière la Magnifique ? Prenez, prenez, peu importe le titre que vous aurez sorti : tous ses ouvrages sont excellents !

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