Policier classique – Le train de 16h50, d’Agatha Christie

Tout commence à la gare de Paddington où Mrs McGillicuddy, une amie de Miss Marple, est sur le point de prendre le train de 16h50 à destination de Brackhampton, après un séjour à Londres qui lui a permis d’effectuer ses achats de Noël. Durant le voyage, au hasard des horaires et des aiguillages, apparaît un train qui va dans la même direction et qui pendant un moment roule à côté du 16h50, à la même vitesse. Pour tuer le temps et satisfaire sa curiosité, la vieille dame regarde à travers la vitre les occupants de l’autre train. C’est alors qu’elle est paralysée par une vision d’horreur : un homme, qu’elle ne voit que de dos, est en train d’étrangler une femme dont les yeux sortent de leurs orbites. Puis le 16h50 ralentit et l’affreux spectacle disparaît dans la nuit. Mrs McGillicuddy a vainement cherché à alerter le personnel ferroviaire et la police : aucun corps n’a été trouvé. Elle fait alors appel à la vieille demoiselle de St. Mary Mead. Miss Marple a défini la zone où le cadavre aurait pu être jeté de l’autre train, un endroit où s’élève Rutherford Hall, une grande demeure entourée d’un parc qui l’isole des autres habitations. Mais comme elle n’a pas la force physique nécessaire à une telle enquête, elle décide alors d’investiguer par personne interposée en envoyant une personne de confiance, la jeune et perspicace Lucy Eyelesbarrow, recueillir les indices à sa place.

Une « Baby Miss Marple » ! Une excellente idée que l’introduction de Miss Lucy aux talents multiples et au physique avenant qui ne laisse indifférent aucun des personnages masculins présentés dans ce roman… Une idée qui a tout de suite plu aux lecteurs de 1957 qui ont accueilli avec ferveur ce roman à énigme de toute beauté. Un sujet classique mais terriblement efficace : les trains, qui sont  par excellence les lieux les plus propices aux rencontres de hasard (comme tous les transports en commun d’ailleurs)… et par là même aux crimes les plus affreux et aux mystères les plus insondables. Un thème classique qui s’en adjoint un autre : le huis clos familial. Car Rutherford Hall n’est pas la demeure d’une famille unie et heureuse, mais bien le point de fixation des rancoeurs des uns et des autres. Beaucoup de personnages donc, un peu caricaturaux, mais ce n’est pas grave. L’ambiance est délicieusement surannée, comme il se doit dans les romans de la Dame de Torquay.

Un roman à l’intrigue indémodable qui fut très souvent adapté, à la télévision et au cinéma, notamment dans les deux séries britanniques Miss Marple (BBC One en 1987 et ITV en 2004), et aussi en 2008, dans Le Crime est notre affaire, de Pascal Thomas, avec André Dussollier et Catherine Frot.

Pour la petite histoire, l’édition américaine de 1961 avait revisité le titre original 4 :50 from Paddington en Murder She Said… Un titre qui rappelle celui d’une certaine série culte… Une référence assumée par les créateurs d’Arabesque, pour ceux qui l’ont reconnue.

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