Biographie – Marie Stuart, Reine de France et d’Ecosse, de René Guerdan

Deux fois reine, mariée à trois reprises, mère d’un futur roi, emprisonnée pendant dix-neuf années avant de finir décapitée, Marie Stuart a été considérée par ses contemporains comme la plus belle femme d’Europe. Elle impose d’emblée à nos mémoires la vision d’une martyre. Et pourtant, l’histoire de sa vie, quelque tragique qu’elle ait été, dépasse de beaucoup le cadre intime de sa destinée personnelle. Elle intéresse en en effet celle du monde, car l’eût-elle emporté, sa victoire aurait sonné le glas du protestantisme en Angleterre. De ce moment, la Réforme aurait-elle vécu ? L’histoire de Marie Stuart montre aussi la toute-puissance de la fatalité : chaque fois que Marie Stuart est sur le point de réussir, un grain de sable imprévisible vient ruiner ses projets. A l’inverse, sa rivale Elisabeth accumule les fautes, mais elle est sauvée miraculeusement, à chaque fois. On s’est trop souvent trompé à propos de la personnalité de l’infortunée Marie. Elle était davantage faite pour régner sur la France, qu’elle chérit jusqu’à la fin de sa vie, que sur l’Ecosse, où on l’a accueillie comme une étrangère après une absence de plus de dix ans – une absence qu’elle n’avait pas choisie, comme la plupart des princesses de ce temps, des pions sur l’échiquier géopolitique. On a produit des lettres d’elle qui tendaient à la faire passer pour une femme dangereuse et dépravée, une amoureuse complice du meurtre de son mari… A-t-on fait la part réelle des faux parmi ces documents accablants ? En vérité, la vraie Marie Stuart fut plus émouvante et tragique qu’on l’a dit.

« Au jeu des trônes, on gagne ou on meurt ».

Cette phrase, tirée de la première saison de la série télévisée Game of Thrones, colle parfaitement à l’histoire de cette reine d’Ecosse (à 6 jours) et de France. A chaque étape de cette existence chaotique, c’est l’impression d’une tragédie sans issue, d’une machine infernale, qui prévaut, comme si la prédiction de son père le roi Jacques V d’Ecosse sur son lit de mort était bel et bien fondée. C’est à la Cour de France que la jeune reine d’Ecosse, promise au dauphin, le futur François II, est éduquée : latin, géographie, histoire, langues vivantes, équitation, fauconnerie, broderie… Un séjour qui n’est pas exempt de dangers puisque l’enfant échappe à une tentative d’empoisonnement. La mort de François II la laisse veuve à 18 ans. La jeune femme s’en retourne alors vivre en Ecosse et c’est la seconde partie de sa vie qui commence – une période qui s’apparente à une longue descente aux enfers. Deux mariages, un fils et l’emprisonnement. Jusqu’à l’inévitable conclusion.

Une personnalité romanesque qui a inspiré de nombreux auteurs et créateurs, de l’opéra au théâtre, en passant par la littérature et le cinéma. Les biographes modernes ont cependant beaucoup contribué à nuancer le portrait de Marie, et par là même celui des reines rivales – Marie en Ecosse et Elisabeth en Angleterre – deux femmes fortes dans un monde sans pitié. Quelques-unes de ces biographies, à lire par les passionnés : Michel Duchein, Marie Stuart. La femme et le mythe (biographie Fayard) ; Luc Mary, Mary Stuart, la reine aux trois couronnes ; et évidemment Stefan Zweig, Marie Stuart.

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