Policier classique – Le Train bleu, d’Agatha Christie

Le voyage était presque parfait… Jusqu’à ce que survienne une macabre découverte à bord du fameux « Train bleu », le « Calais-Méditerranée-Express », qui mène les riches vacanciers vers la Riviera. Ruth Kettering, la fille du milliardaire américain Van Aldin, a été assassinée dans son compartiment. Elle fuyait Derek, son mari avec qui elle ne s’entendait plus, et elle partait rejoindre le comte de La Roche – un personnage séduisant que la police surveillait de près. Le mobile ? Le vol : le somptueux collier offert à Ruth par son père, le célèbre « Cœur de feu », a disparu. Le vol, soit… Mais pourquoi l’assassin a-t-il défiguré sa victime ? L’enquête s’annonce difficile, tant par le milieu dans lequel elle se déroule que par la vitesse imposée à ladite enquête par l’horaire auquel le « Train bleu » doit se soumettre. Bref, le criminel aurait toutes les chances d’échapper à la justice si, pour son malheur, Hercule Poirot n’avait pas été là.

Entre les trains et moi, c’est une histoire d’amour ! Après l’un des autres grands classiques de la Dame de Torquay – Le train de 16h50, pour ne pas le citer – et avant L’inconnu du Nord-Express, de Patricia Highsmith, voici Le Train bleu, pour celles et ceux qui, comme moi, voyagent déjà rien qu’à l’évocation de ces grandes lignes sillonnant l’Europe.

C’est un roman des premiers temps – 1928 – publié sous le titre original The Mystery of the Blue Train. A l’origine, le récit était une nouvelle publiée en 1923 sous le titre L’Express de Plymouth. A la manœuvre, Hercule Poirot, le détective chéri du public. Et pourtant, ce roman, Agatha Christie avoue ne l’avoir jamais aimé, car elle l’a écrit à l’époque où elle se remettait péniblement d’une crise grave dans sa vie privée : le décès de sa mère, le divorce d’avec son premier mari qui l’avait trompée et une dépression qui s’était traduite par la disparition de la romancière pendant plusieurs jours. Pire : Agatha Christie se demandait même ce que le public pouvait trouver à cette intrigue sans intérêt (dixit). Mais cette expérience lui apprit au moins qu’elle était arrivée à être une vraie professionnelle de l’écriture, capable d’écrire même sans en avoir la moindre envie.

Il y a pourtant du lourd, du très lourd dans ce roman de légende. Déjà, l’évocation du luxueux train à compartiments qui fait courir avec délice tout ce que l’univers compte de fans absolus des romans policiers. Ensuite, le fait que le collier qui a disparu traîne la détestable réputation d’être maudit car toutes les femmes qui l’ont porté ont connu un destin tragique. Enfin, les éternels tiraillements amoureux – les époux qui ne s’entendent plus, l’amant empressé,  la demoiselle inattendue – un petit parfum romantique qui emballe tout très bien, comme il se doit. Les ingrédients d’un bon, d’un très bon roman… Le genre qu’on lit et qu’on relit avec un plaisir sans cesse renouvelé.

Une seule adaptation télévisuelle : en 2005, le premier épisode de la 10e saison de la série britannique Hercule Poirot avec David Suchet.

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