Roman d’exception – Le Château des Oliviers, de Frédérique Hébrard

«L’ai-je vécu ? L’ai-je rêvé ? Peu importe : je vous le raconte».

Au Château des Oliviers, là, entre le Rhône et le Ventoux, le temps s’écoule. Les cigales craquettent, la vigne mûrit au soleil, le bois d’oliviers offre sa paix… Il y a du mistral dans la cheminée et du Mistral sur les rayons de la bibliothèque. Quand Estelle était enfant, son père lui disait qu’ils étaient là depuis toujours. En ce temps-là, ils étaient heureux. C’était il y a trente-cinq ans. C’était avant le drame… Cet été, en retrouvant le domaine, Estelle décide de le ramener à la vie. Elle ne sait pas que le Château des Oliviers doit être rasé puis englouti sous les eaux d’un lac artificiel. Aidée par l’amour de la terre qui l’a vu naître, par l’amour des siens assemblés autour d’elle et par l’amour d’un homme, Estelle va devoir gagner contre l’argent, contre le pouvoir et le béton pour défendre sa maison et ses racines.

Le Château des Oliviers, c’est la fantaisie, le mystère, le charme… Quelque chose qui prend aux tripes et qui ne lâche pas. Rien d’étonnant à ce que ce roman ait été adapté en une mini-série fondatrice du genre, diffusée en 1993, récompensée de deux 7 d’or (meilleure série télé et meilleure actrice)… Ceux qui voudront s’essayer à la prose de la fée Frédérique auront la joie de découvrir un récit qui ressemble à la série, mais sans lui ressembler complètement toutefois. C’est que le roman est plus ramassé, plus intuitif, plus viscéral que la série – qui reste excellentissime. On y trouve moins de personnages, et l’action est plus centrée sur Estelle et Marceau, sur leur ressenti, sur le cheminement de leurs âmes tourmentées au fur et à mesure de leur confrontation qui est aussi une quête, alors qu’ils ignorent qui ils sont l’un pour l’autre. Une tragédie, au sens le plus noble du terme, qui transporte tous ceux qui s’aventurent dans ses méandres, à la faveur d’une atmosphère inimitable. Bien plus que la série, qui fait pourtant elle aussi naître et grandir ce sentiment de fascination, étrange et mêlé de regret, le roman suscite chez le lecteur le désir d’imaginer cette histoire sous un tout autre angle, les événements survenus à cette famille déchirée d’une tout autre manière. Un futurible : l’histoire comme elle aurait être si…

C’est clair : tous les romanciers rêvent de créer un jour une trame aussi fertile en rebondissements et surtout aussi vraie et aussi authentique. Cela ne «fait» pas vrai : c’est vrai. Frédérique Hébrard renoue avec bonheur avec ce genre qu’elle affectionne : les histoires de famille aux secrets lourds et essentiels, la Provence, le vin et les demeures ancestrales dotées d’une âme.

Le saviez-vous… Il existe une suite à ce récit d’exception : Le Château des Oliviers, 20 ans après, de Frédérique Hébrard, Catherine Velle et François Velle. Les dernières fouilles seront bientôt bouclées et la Villa de la Belle Romaine va ouvrir au public. Bianca, l’aînée des petits-enfants d’Estelle, la fille d’Antoine et de Sophie, va fêter ses 20 ans… Mais il y a toujours des secrets qui cherchent la lumière.

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