Polar classique – Une vraie famille, de Valentin Musso

Il s’appelle Ludovic, c’est du moins le prénom qu’il a donné. C’est un jeune homme simple et sans histoires… en apparence. Quant aux Vasseur, c’est un couple de Parisiens retirés dans leur résidence secondaire en Bretagne à la suite d’un drame personnel : un couple qui a besoin d’un coup de main pour l’entretien de leur grande propriété et qui est tout heureux d’engager Ludovic pour quelques travaux de jardinage. Mais le garçon est plein de ressources : il sait rapidement se rendre indispensable et peu à peu, il s’installe dans leur vie. Quand les Vasseur commencent à se poser des questions et à regretter sourdement de lui avoir ouvert leur porte, il est déjà trop tard. Mais ce qu’ils ignorent, c’est que leur cauchemar n’a pas encore commencé. Car la véritable menace qui pèse sur leur maison n’est pas du tout celle qu’ils croyaient.

Une plongée dans le drame pour des gens ordinaires… Un roman dont je garderai longtemps le souvenir… D’abord, parce qu’il est excellent et que même en grattant de toutes mes forces pour deviner la vérité (pardon, la déduire !… Tous mes regrets à l’esprit de Conan Doyle), je n’ai rien vu venir, et ça n’arrive pas souvent. Ensuite, parce que c’est le dernier livre que j’ai eu le plaisir de dévorer au soleil, sur mon transat, en bikini, et que c’est un bon souvenir en cette période de l’année où il faut se résoudre à l’imperméable, au parapluie, à la petite laine, aux gros nuages, aux ondées (pluies, averses, crachin, intempéries, précipitations… peu importe le nom que vous leur donnez). Pour moi, la gamine de l’été, née un 2 août, c’est tout un symbole.

Le huis clos : il n’y a rien de tel pour planter le décor d’une intrigue efficace qui tient ensuite toutes ses promesses. Rien ne manque : ni les événements d’une vie fracassée qui poussent d’une part les Vasseur – François et Mathilde – et d’autre part celui qui s’est présenté sous le nom de Ludovic à fuir tout ce que le monde compte de relations sociales interpersonnelles profondes. Tout le monde ment, tout le monde a quelque chose à cacher, et ce n’est pas faute de se donner du mal pour cela. Quant aux autres, l’entourage, l’enfer selon Sartre, ils ne viennent que souligner l’étrange gouffre qui sépare ces trois êtres du reste du monde : Laurence, la sympathique kiné qui paraît être le dernier lien possible vers le salut grâce à son mari Marc, qui est gendarme et que le lecteur perçoit d’emblée comme un joker, une ultime carte à jouer contre la tragédie qui couve… Le Bris, le voisin fermier qui livre des légumes à ces deux Parisiens qui sont comme des pièces rapportées dans cet univers rural et qui se tient prudemment en retrait de ces étrangers, si désireux soient-ils de se lier avec lui. Prudemment, certes, mais pas assez. Et même le décor, celui d’une Bretagne à l’automne, avec la pluie, le froid, la nature si proche et si prompte à se déchaîner, participe à cette atmosphère suffocante.

Et les rebondissements se succèdent à un rythme effrayant : celui d’une logique implacable, celui des choix qui entraînent d’inévitables conséquences jusqu’à ce que tout soit consommé. Un rythme servi à merveille par un choix lexical et une dynamique textuelle à couper le souffle. L’angoisse monte comme une marée que rien ni personne ne peut endiguer. D’aucuns parleront peut-être de suspense, mais c’est plus fort et plus intense encore, plus viscéral. Plus vous tournez les pages, et plus vous croyez tenir la vérité… Mais vous vous trompez !

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