Polar historique – Le papyrus de Thot, d’Elizabeth Peters

Angleterre, 1907. Amelia Peabody participe à une réunion de suffragettes devant la résidence de Geoffrey Romer, membre de la Chambre des communes et l’un des rares collectionneurs privés d’antiquités égyptiennes. Au cours de la manifestation, des événements curieux se produisent. Encore un peu, et Amelia manque d’être enlevée. Court-elle réellement un grave danger ? Ou tout cela concourt-il à créer une atmosphère particulière, destinée à couvrir le vol commis chez Romer ? Soupçonnant son vieil ennemi Sethos d’être le cerveau de cette machination, la famille Emerson repart aussitôt vers Louxor, pour poursuivre ses travaux dans la Vallée des Rois. A peine arrivés, Ramsès – Walter, de son petit nom (mais le surnom claque davantage), le fils d’Amelia et du professeur Emerson – et son ami David font l’acquisition d’un papyrus du Livre des Morts. Mais leur expédition est bientôt interrompue par les menées d’une bande qui a l’air très déterminée. Un corps mutilé est bientôt retrouvé dans le Nil : horreur, il s’agit du vendeur du papyrus ! Le danger devient de plus en plus palpable : la Vallée des Rois risque-t-elle de devenir le tombeau d’Amelia et des siens ?

On avance, et on avance bien dans toutes les directions : Amelia avec sa sacrée petite histoire entre Sethos et son bien aimé Radcliffe Emerson… Ramsès amoureux de Nefret et qui n’ose pas le lui dire (et pourtant il y en a de l’électricité de l’air : impossible de passer à côté !)… David qui semble bizarrement étranger à lui-même jusqu’à ce que la vérité sur sa liaison avec Lia Emerson finisse par sortir de son puits… Et puis, il y a les agissements de cette bande maléfique qui paraît obéir à un fonctionnement véritablement schizophrène : tantôt subtile et économe en coups, tantôt revêche et prête à toutes les bassesses pour arriver à ses fins (enlèvement, voies de fait, embuscades, assassinats… rien que des joyeusetés !). Quels sont les mobiles de cette bande organisée qui semble poursuivre la famille Emerson par delà les terres et les mers ?

C’est clair que les rebondissements de cette intrigue riche en retournements de situations sont abracadabrants, exagérés, complètement décousus, ou plutôt carrément cousus de fil blanc, mais quel talent ! Ça, c’est une saga qui tient aux tripes et qu’on suit justement parce qu’elle est à la croisée des chemins entre le bon roman d’aventures, l’ouvrage qui voudrait faire avancer le lecteur sur la voie de l’égyptologie (l’intention première d’Elizabeth Peters, passionnée parmi les passionnés !) et la saga de l’été avec tous ces personnages qui évoluent. Voilà enfin un auteur qui n’a pas peur de houspiller ses protagonistes, quitte à en perdre quelques-uns en route. C’est pétillant, vivant, singulièrement intéressant et facile à lire, et en le refermant, on n’attend qu’une chose : mettre la main sur le roman suivant de la série…

Et les suivants m’attendent gentiment sur l’une des étagères de ma bibliothèque ! Elle n’est pas belle, la vie ?

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