Biographie – Elisabeth 1ère d’Angleterre, de Michel Duchein

Encore une merveilleuse biographie Fayard ! Et par un des plus grands spécialistes de l’Histoire du Royaume Uni.

Elisabeth d’Angleterre partage avec Charlemagne, Louis XIV et quelques autres personnages marquants de l’Histoire le rare privilège d’avoir donné son nom à son siècle. Elle est à peu près la seule femme, avec Catherine de Russie, à prendre place dans le cercle restreint des grandes figures emblématiques «éponymes» – et comme Catherine, elle en a payé le prix. Les livres qui lui ont été consacrés outre Manche sont innombrables – et aussi les films (merveilleuse Cate Blanchett), les séries, les documentaires, les romans (on se souvient de l’excellent Secret des Rois, de Steve Berry) – et peu de personnages ont laissé une image plus contrastée, plus complexe, plus énigmatique et plus troublante.

Fut-elle vraiment la «reine vierge» comme elle aimait à se présenter au point que l’une des colonies américaines porte ce nom en son honneur, la «femme sans homme» déterminée à défendre farouchement son pouvoir et sa vie pour ne pas risquer comme les autres femmes de son temps d’être dissoute dans les intérêts d’un époux, ou une débauchée hypocrite comme l’affirmaient ses très nombreux ennemis? Quel être humain se cachait derrière l’icône fardée et couverte de bijoux que nous montrent ses portraits officiels? C’est vrai que ce code iconographique qu’elle créa et imposa ne peut que poser question. Dans l’Europe de son temps, à l’histoire si troublée, fut-elle un boutefeu, un pêcheur en eau trouble ou un élément pacificateur? La championne d’un protestantisme conquérant ou la victime désignée d’un catholicisme agressif? Le symbole d’une Angleterre expansionniste à l’aube de sa vocation impériale ou l’artisan timoré d’un repli insulaire? Sans tomber dans les clichés à bon marché, a-t-on pris toute la mesure de ce que fut l’existence de cette femme dans un monde dominé par les hommes?Toutes ces opinions ont été défendues et le sont encore, avec des arguments à l’appui.

L’éclat de l’ère élisabéthaine, illustrée par Shakespeare, Marlowe, Francis Drake, Walter Raleigh, les épisodes sombres, comme la captivité et l’exécution de Marie Stuart, l’épopée de l’Invincible Armada, la tragédie de Robert d’Essex, tout cela crée autour de la Grande Elisabeth une aura de légende telle qu’il n’est pas aisé de l’oublier ou même de s’en abstraire lorsqu’on se penche, pour tenter une approche impartiale, sur les témoignages des contemporains.

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