Policier classique – A l’hôtel Bertram, d’Agatha Christie

Très classe, l’hôtel Bertram. C’est l’un de ces vestiges du passé londonien où les ecclésiastiques, les dames respectables, les officiers à la retraite et les jeunes personnes bien sous tous rapports venaient séjourner en toute quiétude et en toute sécurité. Le Bertram, au cœur du West End, a été épargné par les bombardements : c’est un havre dans la capitale dont le visage a tellement changé depuis la guerre. L’ambiance, résolument victorienne jusque dans les moindres détails, y est raffinée et feutrée. Les muffins y sont délicieux, le thé exquis et le personnel stylé. Entrer au Bertram, c’est voyager dans le temps. Pourtant, on y disparaît facilement. Voyez ce pauvre chanoine Pennyfather.  Et puis, comme c’est surprenant, cette jeune fille, l’honorable Elvira Blake, qui s’est amourachée d’un pilote de course peu recommandable. Non, finalement les apparences sont trompeuses, car tout ne tourne pas rond à l’hôtel Bertram. C’est à cette conclusion que parvient Miss Marple, en vacances dans ce lieu qu’elle connut jeune fille.

Un roman tardif, délicieusement suranné et pratiquement réalisé sur mesures pour la délicate et géniale Miss Marple : publié en novembre 1965 sous le titre At Bertram’s Hotel, A l’hôtel Bertram a été publié en France en 1967. Le lieu et l’atmosphère correspondent au style visuel et psychologique de la vieille demoiselle anglaise chérie des lecteurs : une bonne partie du roman est d’ailleurs consacrée aux souvenirs de Miss Marple et à son arrivée au Bertram. Comme toujours, Agatha Christie utilise ses propres sentiments et ses propres préférences à l’appui de sa trame, puisque le Bertram – un hôtel fictif – s’inspire du Brown’s Hotel, un hôtel 5 étoiles de Londres, dans le quartier de Mayfair, qui était l’hôtel préféré de la romancière.

Un autre trait typique d’Agatha Christie : l’enquête menée en « sous-marin » par les policiers de Scotland Yard. Propriétaires, employés, clients : tout le monde est passé à la loupe au Bertram dont l’apparence « hors du temps » servirait de couverture à des criminels. Le recadrage permet à la Dame de Torquay de s’éloigner quelque peu de Miss Marple, en l’abandonnant à ses rêveries, pour s’attacher à un autre point de vue, celui de l’inspecteur-chef Fred Davy, surnommé « Father » par ses collègues.

Deux adaptations télévisées : en 1987 dans la série Miss Marple de la BBC One avec Joan Hickson, et en 2007, dans la série Miss Marple d’ITV avec Geraldine McEwan.

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