La Comtesse sanglante

Elisabeth Bathory est née le 7 août 1560 à Nyirbator en Hongrie. Sa famille paternelle est favorable aux Habsbourg. A 11 ans, Elisabeth est promise à Ferenc Nadasdy, un général lui aussi favorable à la dynastie Habsbourg : elle l’épouse quatre ans plus tard et s’installe dans le château de Čachtice, dans les Carpathes – un cadeau de son mari. Elisabeth, qui est une femme cultivée et capable de gérer les domaines familiaux, donne trois enfants à son époux qui meurt en 1604. Or, la famille maternelle d’Elisabeth règne en Transylvanie et s’oppose aux Habsbourg : c’est ainsi que la dame, devenue veuve, se trouve accusée de toutes sortes d’atrocités – qui sont rapportées à la cour de Vienne. Ces accusations sont essentiellement le fait d’un pasteur luthérien, Istvan Magyari. L’affaire prend de l’ampleur au point qu’en 1610, l’empereur Matthias 1er charge Gyorgy Thurzo, palatin de Hongrie, de mener une enquête qui aboutit à un verdict de culpabilité. En effet, plus de 300 témoignages sont collectés en l’espace de deux années de procédure : la dame aurait fait périr des femmes et des jeunes filles – la légende parle d’une centaine ou davantage –  qui auraient torturées avant d’être mises à mort. Elisabeth étant noble, elle n’est pas condamnée à mort, mais à la prison à vie à Čachtice, et son immense fortune est saisie par la couronne. Elisabeth meurt le 21 août 1614.Elisabeth_Bathory

Le mot est lâché : légende… On a parlé d’un carnet dans lequel la maudite aurait consigné tous ses crimes – près de 650 victimes ! Mais on n’a jamais retrouvé aucun corps et l’accusée n’a même pas eu la possibilité de se défendre. Les preuves produites au procès ont principalement été obtenues sous la torture – ce qui donne à penser…  Et puis Elisabeth Bathory était veuve et riche : l’affaire tombait à point nommé pour permettre aux Habsbourg de s’emparer de sa fortune et du pouvoir qu’elle exerçait sur une partie de l’Empire. Peut-être les membres de la famille d’Elisabeth ont-ils préféré ces accusations horribles à une autre, la haute trahison, qui aurait eu d’inévitables conséquences capitales. Il y a aussi l’influence des inventions romanesques qui a achevé de forger le mythe de la Comtesse sanglante, vaniteuse et sadique, qui est développé pour la première fois en 1729 par Laszlo Turoci dans son livre Tragica historia.

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Quelques livres pour aller plus loin :

Maurice Perisset, La Comtesse de sang

Jacques Sirgent, Erzsébet Bathory : le sang des innocentes

Guillaume Denis, Erzsébet Bathory, la légende sanglante

Valentine Penrose, Erzsébet Bathory la comtesse sanglante

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