Les lieux hantés à travers le monde – Le phare de Tévennec

Au nord du Raz de Sein, dans une zone marine qui présente de nombreuses difficultés, au large de la pointe du Van, se dresse le phare de Tévennec dont la tradition affirme qu’il est hanté. Tévennec, c’est l’enfer ! C’est aussi l’ultime rempart de la terre, le début du continent pour les Bretons : après lui, c’est la grande mer. L’îlot est constitué de roches noires très anciennes : c’est un morceau du massif hercynien qui remonte au début de l’ère primaire. C’est un lieu hostile, doté de pointes minérales, avec un bruit continu venu de la mer : le courant, les déferlantes et aussi l’ambiance particulière de ces lieux où se rencontrent deux courants marins – ce qui les rend très dangereux pour la navigation.

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On dit toujours que Tévennec est un îlot sacré et que c’est pour cela qu’il ne fallait pas y construire un phare commencé en 1869, malgré l’utilité incontestable de l’ouvrage. Se peut-il que l’endroit soit justement situé sur un nœud tellurique qui génère une puissance telle que les ouvriers chargés de l’édification du phare en étaient épouvantés ? Ils ont été nombreux à raconter qu’ils avaient entendu des cris et des plaintes venus des entrailles du rocher. Ils ont aussi vu des spectres. Car Tévennec serait aussi une escale pour les âmes défuntes et aussi le lieu du séjour de l’Ankou, le serviteur de la mort dans la tradition bretonne (ou carrément sa personnification), qui profite de la nuit pour naviguer dans de Raz de Sein, avec sa faux à la main, tandis qu’il emmène les âmes des trépassés vers l’Au-delà. Voir l’Ankou signifie que l’on va mourir dans l’année.

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Les gardiens du phare, installé là dès sa mise en service en 1875, se sont succédé à un rythme effrayant : 25 gardiens en 30 ans, avant que le feu soit automatisé le 7 février 1910. Tous avaient la même sensation d’être épiés, chassés par des voix venues d’outre tombe. On racontait qu’un marin était mort de faim sur Tévennec et que le lieu de sa sépulture était toujours visible. Et si c’était lui qui hantait le rocher ? Les drames succèdent aux drames : un gardien voit l’un de ses proches emporté par une vague, et un autre meurt dans son lit sans raison apparente. On a l’idée de faire bénir l’île et d’y dresser des croix pour chasser les démons qu’on entend hurler certaines nuits.

Il existe cependant une explication rationnelle à ces cris que les témoins ont décrits : des plongeurs ont récemment découvert une grotte sous-marine qui traverse l’îlot de part en part : la mer s’y engouffre comme dans un siphon, créant ainsi des bruits semblables à des plaintes lugubres.

Pour en savoir plus :

Jean-Christophe Fichou, Noël Le Henaff et Xavier Mével, Phares. Histoire du balisage et de l’éclairage des côtes de France

Jean-Pierre Abraham, « Tévennec », la Place royale.

Tévennec a aussi inspiré plusieurs romans :

Anatole Le Braz, L’Esprit du phare

Louis Le Cunff, Feux de mer

Jean Danzé, Les guetteurs de Tévennec

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