Le meurtre de l’abbé Gélis

Quand on évoque Rennes-le-Château et ses secrets, on n’en finit pas d’énumérer et d’analyser à la loupe les faits et gestes de Bérenger Saunière. Mais l’énigmatique curé n’a pas été le seul ecclésiastique du Haut-Razès dont la vie est nimbée de mystère. Il y a aussi Antoine Gélis, dont l’assassinat pourrait fournir quelques clés à une recherche qui continue à passionner les foules.

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L’homme, qui est né le 1er avril 1827 dans les Landes, fut d’abord curé de Durban, puis de Lanet, avant d’être nommé en 1857 à Coustaussa, un petit village situé à quelques kilomètres de Rennes-le-Château. C’était un homme méfiant, qui vivait seul, ne fréquentait personne et s’enfermait toujours chez lui – un fait rarissime dans les campagnes de l’époque. Ses volets étaient clos chaque nuit, même en été.

Pourtant, en dépit de ces précautions, l’abbé Gélis fut trouvé au matin du 1er novembre 1897 gisant sans vie dans une mare de sang, sur le sol de la cuisine de son presbytère. Les lésions relevées sur le corps témoignent de la violence du meurtre : 14 blessures faites à la tête, au-dessus de la nuque, certaines par un instrument contondant et d’autres par une arme de type hachette, ont fracturé le crâne et fait gicler le sang et la cervelle sur les murs et le plafond de la pièce. La maison semble avoir été fouillée, mais l’argent conservé par le prêtre a été retrouvé intact. Le butin se résumerait à deux ciboires.

L’affaire connaît un retentissement national. Ce qui étonne, c’est qu’à la bestialité de l’acte a succédé une indéniable présence d’esprit de la part du meurtrier qui a pris soin de ne laisser aucune trace de pas dans les épanchements de sang au sol. Outre le meurtre lui-même, les seuls indicateurs du passage de cet homme sont l’odeur de tabac qui flottait dans l’air ainsi que quelques feuilles de papier à cigarettes de la marque Tzar, une marque introuvable dans la région. Etrange, surtout quand on sait que Gélis ne fumait pas et qu’il supportait difficilement qu’on fume en sa présence. Une mention au crayon, « Viva Angelina », sur une feuille de papier intrigue aussi les enquêteurs. Les meubles, bien que fouillés, n’ont pas été renversés et le corps a été délibérément placé dans une position de gisant, allongé sur le dos, les bras croisés sur la poitrine.

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Le village de Coustaussa est peu étendu,  et l’habitat y est très ramassé, et pourtant personne n’a rien vu ni entendu.

On a d’abord accusé le neveu de l’abbé, qui avait découvert le corps de son oncle et qui aurait pu lui rendre visite tard dans la soirée (la montre de l’abbé était cassée et bloquée sur minuit 15). L’hypothèse était d’autant plus séduisante que la porte d’entrée n’avait pas été forcée : Gélis a donc bien fait entrer son agresseur. Mais le neveu qui harcelait l’ecclésiastique pour qu’il lui donne de l’argent a un alibi. Deux vagabonds ont été également suspectés, mais cela ne cadre pas avec le constat d’une porte ouverte de plein gré par un homme méfiant. Une troisième possibilité est fournie par la nièce de l’abbé qui a évoqué un visiteur reçu dans la sacristie, dans le plus grand secret. Cet homme inconnu avait-il un rapport avec les fortes sommes d’argent qui transitaient sur le compte de l’abbé, dont le train de vie était relativement modeste ? Les recherches effectuées au presbytère et à la sacristie ont révélé que l’abbé conservait une somme de près de 13000 francs – de quoi vivre pendant 20 ans à cette époque – répartis dans plusieurs cachettes. A la fin du mois de novembre, la découverte d’un mystérieux document codé sembla clore l’enquête qui a été classée sans suite.

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L’enterrement de l’abbé se déroula sans incident notable, en présence de nombreux prêtres des environs et de l’évêque de Carcassonne. La seule chose que l’on releva ensuite fut l’étrange orientation de la sépulture, non pas dans l’alignement des autres tombes, mais vers Rennes-le-Château. On remarqua aussi que deux amis du défunt, les abbés Saunière et Boudet, respectivement curés de Rennes-le-Château et Rennes-les-Bains, ne se fréquentèrent plus à dater du jour des funérailles, alors qu’ils avaient paru très liés jusque là.

Quelques livres pour aller plus loin :

J. Rivière, G. Tappa et C. Boumendil, Le fabuleux trésor de Rennes-le-Château. Le secret de l’abbé Gélis. La piste corse

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Robert Sanchez, Coustaussa. L’abbé Antoine Gélis et son mystère

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Sur Rennes-le-Château :

Christian Doumergue, Le secret dévoilé. Enquête sur les mystères de Rennes-le-Château (Préface par Eric Giacometti et Jacques Ravenne)

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Daniel Dugès, Rennes-le-Château – Un chapitre maçonnique secret

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Henry Lincoln, La clé du mystère de Rennes-le-Château

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Jacques Rivière, Le fabuleux trésor de Rennes-le-Château. Le secret de l’abbé Saunière

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